Month-long transcontinental operation hit wildlife criminals hard

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Une opération transcontinentale d’une durée d’un mois a frappé durement la criminalité liée aux espèces sauvages

L’opération mondiale la plus importante de tous les temps a donné lieu à l’identification de 1400 suspects et à 1974 saisies comprenant notamment 1,3 tonne d’ivoire d’éléphant, 8 tonnes d’écailles de pangolins, 4000 oiseaux et 27 000 reptiles

Une opération internationale visant le commerce illégal d’espèces sauvages et de bois a abouti à des centaines de saisies dans le monde entier et à l’arrestation de suspects.

Baptisée Thunderstorm et ciblant les individus et les réseaux à l’origine d’atteintes à la vie sauvage partout dans le monde, l’opération a été menée avec le concours des services de police, de douane et de protection des frontières, de l’environnement, des espèces sauvages et des forêts de 92 pays, et a permis des saisies se chiffrant en millions de dollars.

D’une durée d’un mois (1 - 31 mai), l’opération a jusqu’ici donné lieu à 1 974 saisies et à l’identification de quelque 1 400 suspects, déclenchant des arrestations et des enquêtes dans le monde entier. D’autres interpellations et poursuites judiciaires sont prévues au fur et à mesure du déroulement des enquêtes en cours.

Au total, les saisies signalées dans le monde entier portent sur :

43 tonnes de viande sauvage (dont de la viande d’ours, d’éléphant, de crocodile, de baleine et de zèbre)

1,3 tonne d’ivoire d’éléphant brut ou transformé

27 000 reptiles (dont 869 alligators/crocodiles, 9 590 tortues et 10 000 serpents)

près de 4 000 oiseaux, parmi lesquels des pélicans, des autruches, des perroquets et des hiboux

plusieurs tonnes de bois

48 primates vivants

14 grands félins (tigre, lion, léopard et jaguar)

les carcasses de sept ours, dont deux ours polaires

L’opération a donné lieu à la saisie de huit tonnes d’écailles de pangolin dans le monde entier, dont près de quatre tonnes interceptées par les autorités maritimes vietnamiennes à bord d’un navire en provenance de la République démocratique du Congo.

Deux stewards ont été arrêtés à Los Angeles alors qu’ils tentaient d’exporter illicitement des tortues mouchetées vivantes vers l’Asie dans leurs bagages personnels. Les deux suspects ont été inculpés de trafic illicite d’espèces protégées par la CITES et une enquête transnationale a été ouverte entre les deux pays concernés.

Un homme a été arrêté en Israël et est en attente d’expulsion vers la Thaïlande après que sa photographie de chasse postée sur les réseaux sociaux a permis la saisie de plusieurs produits d’espèces sauvages à son domicile, dont les cadavres d’un renard, d’un chacal et d’une mangouste. Un complément d’enquête a révélé que le suspect se livrait également au trafic illicite de migrants et au travail illégal.

Les autorités canadiennes ont intercepté un conteneur renfermant 18 tonnes de viande d’anguille en provenance d’Asie. Initialement braconnées en Europe selon toute vraisemblance, les civelles avaient été élevées en Asie avant d’être expédiées sur les marchés d’Amérique du Nord pour y être consommées.

Une réponse globale

Deuxième du genre dans la série des opérations « Thunder » menées au niveau mondial à l’initiative du Groupe de travail d’INTERPOL sur la criminalité liée aux espèces sauvages, l’opération Thunderstorm était coordonnée par INTERPOL et l’Organisation mondiale des douanes (OMD) en liaison avec le Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC), qui comprend le Secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flores sauvages menacées d’extinction (CITES), l’ONUDC et la Banque mondiale.

« L’opération Thunderstorm a permis d’importantes saisies au niveau mondial, ce qui montre les résultats optimaux pouvant être obtenus lors des opérations coordonnées à l’échelle internationale », a déclaré le Secrétaire Général d’INTERPOL, Jürgen Stock.

« En révélant l’utilisation par les groupes de trafiquants d’espèces sauvages des mêmes itinéraires que les malfaiteurs se livrant à d’autres formes de criminalité – qui vont souvent de pair avec la fraude fiscale, la corruption, le blanchiment d’argent et la criminalité violente – l’opération Thunderstorm envoie un message clair aux auteurs d’atteintes à la vie sauvage, à savoir qu’ils sont dans la ligne de mire de la communauté mondiale des services chargés de l’application de la loi », a-t-il ajouté.

Une opération fondée sur le renseignement

Des renseignements ont été recueillis dans le cadre d’enquêtes en amont de l’opération afin qu’elle cible des lieux particulièrement sensibles, comme les postes-frontières terrestres et aéroportuaires, et les réserves naturelles.

Des voitures, des camions, des bateaux et des transporteurs de fret soupçonnés d’acheminer des produits illicites ont également fait l’objet de fouilles opérées par des policiers, souvent avec l’aide de chiens de détection spécialisés et de scanners.

« En tirant parti du réseau mondial de spécialistes de la répression des atteintes à l’environnement et de la mobilisation de la communauté douanière en faveur de la protection des espèces sauvages, l’OMD et ses partenaires illustrent clairement la puissance et l’efficacité de la coopération internationale pour préserver notre patrimoine naturel, aujourd’hui aussi bien que pour les générations futures », a déclaré le Secrétaire Général de l’OMD, Kunio Mikuriya.

« L’opération Thunderstorm démontre clairement qu’en intensifiant leur collaboration transnationale en matière de répression dans ce domaine, l’OMD et INTERPOL contribuent grandement à faire en sorte que les frontières constituent partout un obstacle pour les criminels mais permettent aux douanes et aux services chargés de l’application de la loi de travailler ensemble afin de rendre le monde plus sûr », a ajouté M. Mikuriya.

Les résultats continueront à être analysés au niveau mondial pour générer des renseignements qui pourront être utilisés comme référence dans les futures actions de répression nationales, régionales et internationales.

Les atteintes à la vie sauvage relevant de la criminalité organisée : l’affaire de tous

Les organisations criminelles à l’origine des atteintes à la vie sauvage ciblent des spécimens d’animaux et de plantes de grande valeur, et opèrent par le biais de réseaux mondiaux complexes. Motivées par le profit, les activités de ces groupes peuvent avoir des effets dévastateurs sur l’économie, la société et l’environnement.

Ben Janse van Rensburg, le Chef de l’Appui à la lutte contre la fraude au Secrétariat de la CITES, a déclaré : « Aucun pays, aucune région ni aucun service ne peuvent à eux seuls s’attaquer isolément au commerce illégal des espèces sauvages. Une action collective dans les pays de provenance, de transit et de destination est essentielle. Au nom de tous les organismes partenaires de l’ICCWC, je salue l’excellent travail accompli dans les pays membres – l’opération Thunderstorm témoigne de ce qui peut être réalisé si nous travaillons tous ensemble. »

L’officier supérieur Grant Miller de la police des frontières du Royaume-Uni et chef de l’équipe nationale CITES de lutte contre la fraude a déclaré : « Grâce à l’opération Thunderstorm, les criminels ont pu voir que les produits dont ils ont besoin pour exercer leur activités étaient saisis et que leurs profits illicites étaient ciblés. Les organisations criminelles se livrant aux atteintes à la vie sauvage ressentiront les effets de cette opération pendant longtemps ».

M. Miller est également le président du Groupe de travail d’INTERPOL sur la criminalité liée aux espèces sauvages, qui pilote un certain nombre de projets visant à lutter contre le braconnage, le trafic ou la détention de flore et de faune protégées.