Déclaration du Secrétaire général de la CITES à un débat de haut niveau de la 11e session du Forum des Nations Unies sur les forêts

« Le futur arrangement international sur les forêts que nous voulons »

Déclaration de la CITES

John E. Scanlon, Secrétaire général, CITES

Déclaration prononcée par Milena Sosa Schmidt, administrateur scientifique (flore), Secrétariat CITES

UNFF11 – Débat de haut niveau
New York, États-Unis d’Amérique
13 - 14 mai 2015

 

Monsieur le président, Nelson Messone

Monsieur le directeur de l’UNFF, Manoel Sobral Filho

Chers délégués,

Amis et collègues,

C’est la première fois que la CITES a l’occasion de se joindre à une session du Forum des Nations Unies sur les forêts (UNFF) et c’est avec grand plaisir que nous le faisons lors de cette 11e session stratégique.

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Chers délégués, la CITES est un instrument réglementaire juridiquement contraignant qui peut aider les pays dans les efforts qu’ils déploient pour parvenir à exploiter leurs forêts de façon durable. Dans le document final publié à l’issue de la conférence Rio+20, le rôle important joué par la CITES en tant qu’accord international qui se situe au carrefour du commerce, de l’environnement et du développement et encourage la préservation et l’exploitation durable de la diversité biologique a été reconnu.

Nous avons parcouru beaucoup de chemin en matière de protection des espèces d’arbres depuis l’adoption de la CITES à Washington en 1973, dont les annexes ne couvraient alors que 18 espèces. Aujourd’hui, le commerce international d’environ 600 espèces d’arbres relèvent des contrôles exercés en vertu de la CITES, dont plus de 400 sont commercialisées au niveau international pour leur bois précieux ou leurs produits forestiers non ligneux. Le commerce de 28 000 autres espèces végétales et 6 000 espèces animales relèvent des contrôles exercés en vertu de la CITES.

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Aider les pays à mettre en œuvre la CITES au niveau national est une priorité pour les Parties à la Convention. Ces dix dernières années, les secrétariats de l’OIBT et de la CITES ont collaboré pour renforcer les capacités des pays intéressés à appliquer les conditions imposées par la CITES pour commercialiser les espèces d’arbres inscrites à ses annexes en tant que partie intégrante de la gestion durable des forêts tropicales.

Le programme OIBT-CITES s’est traduit par des avantages concrets sur le terrain pour les populations qui vivent dans les régions forestières, les espèces d’arbres concernées et les écosystèmes tout entiers. Àce jour, près de 80 activités ont été soutenues dans le cadre de ce programme dans 15 pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. Une aide a notamment été fournie pour l’exploitation et l’exportation durables de l’acajou au Pérou, du prunier d’Afrique au Cameroun ainsi que du ramin et du bois d’agar en Indonésie et en Malaisie.

Ce programme conjoint OIBT-CITES a montré à quel point l’inscription aux Annexes à la CITES est efficace pour parvenir à une gestion durable et qu’une coopération pragmatique est possible entre gouvernements, accords internationaux et secteurs économiques. Il constitue un excellent exemple de l’étroite coopération que la CITES est parvenue à mettre en place avec le secteur privé, notamment en Afrique avec l’exportation de l’écorce du prunier d’Afrique, pour assurer l’exploitation durable de ces espèces au profit tant des populations que des espèces sauvages.

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Le trafic des espèces sauvages n’est pas le braconnage de subsistance pratiqué au niveau local. Aujourd’hui, ce commerce illicite des plantes et des animaux est pratiqué à l’échelle industrielle dans le cadre de réseaux criminels transnationaux coordonnés et bien organisés qui privent les États de revenus et les communautés locales de possibilités de développement légitimes et durables. Il nécessite une réponse internationale plus coordonnée et importante et les pays ont besoin d’assistance dans ce domaine. La réglementation établie par la CITES les aide à mieux s’assurer de la légalité du commerce et leur apporte également un appui pour lutter contre le commerce illégal très destructeur grâce au consortium de collaboration appelé ICCWC qui réunit le Secrétariat CITES, INTERPOL, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale des douanes.

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Toutes ces activités sont liées entre elles et essentielles pour parvenir à un commerce durable, légal et traçable des espèces inscrites aux Annexes à la CITES.  Au cours des dernières années, la communauté internationale a décidé de faire le meilleur usage possible de la CITES en tant qu’accord international pragmatique et efficace pour aider les pays sur la voie de la gestion durable de leurs forêts, le nombre d’espèces d’arbres inscrites aux Annexes à la CITES continuant d’augmenter rapidement.

Cette année, l’Assemblée générale des Nations Unies examinera les Objectifs de développement durable (SDG). La mise en œuvre effective de la CITES contribuera fortement à la réalisation de nombre de ces objectifs. La CITES contribuera notamment à assurer l’exploitation et la gestion durables des forêts, mentionnées dans la proposition d’objectif 15 et les cibles 15.1 et 15.2. Elle jouera également un rôle important dans la réalisation de la cible 15.7 qui consiste à mettre un terme au braconnage et au trafic des espèces sauvages protégées.

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Chers délégués, il faudra déployer à tous les niveaux des efforts soutenus, collectifs et multiples pour assurer un avenir durable à nos forêts, un avenir dans lequel populations et espèces sauvages pourront coexister en harmonie, et la CITES continuera de jouer son rôle dans cet effort collectif.

Comme l’a déclaré le Secrétaire général adjoint de l’Organisation des Nations Unies devant ce Forum, il est temps de prendre les forêts au sérieux.

Je vous remercie.