Le gouvernement indien a accueilli un atelier régional sur la gestion des taxons sauvages et cultivés de bois d’agar

Quarante délégués originaires de 15 pays ont participé à un atelier régional pour l’Asie sur la gestion des taxons sauvages ou cultivés de bois d’agar, qui s’est tenu en Assam du 19 au 23 janvier 2015. Les participants comprenaient des représentants de la plupart des Etats de l’aire de répartition du bois d’agar. 

Visite de la plantation de bois d’agar Ajmal Modertoli & Jabrakhowa 

Lors d’une excursion de deux jours dans l’Assam rural, les participants on également visité des plantations et des jardins privés. Ils on pu s’entretenir avec des femmes de la région qui travaillent à l’extraction du bois d’agar cultivé dans des plantations, ainsi qu’avec les représentants d’une entreprise qui extrait de l’huile de bois d’agar à partir de copeaux de bois d’agar.

Après avoir vu divers sites de plantations de bois d’agar en Assam au cours de la visite de terrain, M. Vinjod Ranjan, représentant de l’Organe de gestion CITES de l’Inde, s’est déclaré satisfait du système mis en place par le gouvernement de l’Assam pour récolter le bois d’agar cultivé dans les plantations et de la chaine de responsabilités, et précisé qu’en conséquence, il serait possible de délivrer des permis d’exportation CITES.

Des exposés ont été présentés par les Secrétariats de l’OIBT et de la CITES, les Etats de l’aire de répartition, et des experts en matière de production et de commerce du bois d’agar. Les participants, répartis en deux ateliers, se sont penchés sur la gestion durable du bois d’agar dans les forêts naturelles et les plantations. Ils ont adopté les recommandations suivantes, qui seront examinées à la prochaine session du Comité pour les plantes (PC22, Géorgie, 15-19 octobre 2015), et comme projets de décisions à la 17e session de la Conférence des Parties (CoP17, Afrique du Sud, octobre 2016) :

·         Il n’est pas nécessaire à l’heure actuelle d’amender les lignes directrices sur les avis de commerce non préjudiciables pour le bois d’agar.

·         Dans la mesure du possible, les Etats de l’aire de répartition devraient être encouragés à produire des données, outre sur Aquilaria malaccensis, sur les espèces Aquilaria et Gyrinops.

·         Les Etats de l’aire de répartition comportant de petites populations d’espèces productrices de bois d’agar dans la nature et qui n’autorisent pas l’utilisation commerciale du bois sauvage devraient être encouragés à produire, enregistrer et rassembler des informations sur les aspects biologiques, écologiques et de lutte contre la fraude relatives à ces populations, pour une utilisation future dans les programmes de gestion et de rétablissement.

·         Les programmes de plantation devraient être encouragés à contribuer au rétablissement des populations sauvages productrices de bois d’agar avec, dans la mesure du possible, la participation des communautés locales.

·         La multiplication végétative des espèces productrices de bois d’agar devrait être étudiée comme moyen possible de réduire les pressions sur la collecte de graines et des pousses d’arbres produisant du bois d’agar dans les forêts naturelles.

·         L’Indonésie et la Malaisie, qui exportent à l’heure actuelle du bois d’agar collecté dans la nature, devraient continuer d’utiliser le système de quotas d’exportation à l’échelle nationale, et de mener des inventaires réguliers des forêts.

·         Le problème de la collecte illégale et du braconnage des populations dans la nature devrait être abordé.

·         Les Etats de l’aire de répartition devraient œuvrer ensemble au renforcement des capacités afin d’assurer la protection des arbres producteurs de bois d’agar dans la nature.

·         L’identification des produits de bois d’agar dans le commerce reste problématique. Le glossaire amendé sur le bois d’agar, lorsqu’il aura été adopté par le Comité pour les plantes, devrait être mis à la disposition des Etats de l’aire de répartition pour les aider à identifier ces produits dans le commerce.

·         La gestion des plantations et des forêts naturelles devrait être coordonnée pour assurer la diversité génétique et la vigueur des populations productrices de bois d’agar, et la conservation des populations sauvages.

·         Les Etats de l’aire de répartition qui ne disposent pas de politiques relatives aux arbres producteurs de bois d’agar reproduits artificiellement devraient être encouragés à en élaborer.

·         Les planteurs et les propriétaires qui ont correctement enregistré leurs plantations devraient être autorisés à exporter si un système de vérification est en place et si la législation nationale l’autorise.

·         Les Etats de l’aire de répartition devraient être encouragés à offrir des incitations aux planteurs qui enregistrent leurs plantations (par. ex. exonération des droits ou dispositions fiscales améliorées).

·         Les Etats de l’aire de répartition devraient promouvoir la production et le commerce durables du bois d’agar, en particulier par une gestion durable et coordonnée des plantations de bois d’agar, et par lune conservation et une gestion durable des arbres producteurs de bois d’agar dans la nature.

·         Les Etats de l’aire de répartition et les producteurs de bois d’agar devraient développer le réseautage pour permettre le partage des technologies et du matériel végétal de bois d’agar.

·         Les Etats de l’aire de répartition devraient être encouragés à utiliser des plants améliorés (en faisant appel au matériel des collections de germoplasme) pour procéder à des enrichissements de plantation dans les forêts naturelles et favoriser ainsi l’entretien et l’accroissement de la diversité génétique des populations sauvages.

·         Les Etats de l’aire de répartition devraient être encouragés à mettre en œuvre les recommandations ci-dessus, si nécessaire en demandant un soutien, notamment du programme OIBT-CITES, en soumettant des propositions de projet en vue d’une approbation et d’un financement éventuels. 

Informations générales

Entreprise artisanale de production de copeaux et d’huile de bois d’agar

Le bois d’agar est un bois résineux qui se forme dans les espèces d’Aquilaria, de Gyrinops et de plusieurs autres genres natifs d’Asie du Sud-est. Ces espèces produisent une résine sombre aromatique en réaction à une infection fongique. Le bois chargé de résine, appelé bois d’agar, est très prisé pour son parfum et il sert à la confection d’encens, de parfum et d’autres produits. Des prix atteignant 2 millions de dollars par kilo de copeaux ont été constatés pour le bois d’agar de première qualité.

Aquilaria malaccensis, principale source de bois d’agar, a été inscrit à l’Annexe II de la Convention sur le commerce international d’espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) en 1995. Toutes les autres espèces productrices de bois d’agar des genres Aquilaria et Gyrinops ont été inscrites à l’Annexe II en 2004, et ces inscriptions sont entrées en vigueur en janvier 2005.

Au cours des ans, les Etats de l’aire de répartition on réalisé des progrès importants dans l’application de la CITES aux essences productrices de bois d’agar. Les Secrétariats de la CITES et de l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) et le Ministère de l’Environnement, des Forêts et du Changement climatique du Gouvernement de l’Inde, ont organisé à Guwahati, Inde, en janvier 2015, un atelier sur la gestion du bois d’agar afin de poursuivre les progrès sur les points suivants :

·         la gestion et la conservation des espèces productrices de bois d’agar ;

·         la formulation d’avis de commerce non préjudiciable ;

·         l’adoption de stratégies de gestion intégrant la gestion globale des forêts naturelles productrices de bois d’agar et des plantations d’espèces productrices de bois d’agar ; et

·         le renforcement du réseau de communication entre les divers acteurs concernés par le bois d’agar.