Le Président malgache et le Secrétaire général de la CITES discutent des actions nécessaires pour enrayer le commerce illégal du bois, en marge de la 69e Assemblée générale des Nations Unies

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le Président malgache et le Secrétaire général de la CITES discutent des actions
nécessaires pour enrayer le commerce illégal du bois, en marge de
la 69e Assemblée générale des Nations Unies 

Le Président appelle au soutien international pour mettre fin au pillage des ressources naturelles de Madagascar 

Genève, le 7 octobre 2014 - Le Président de Madagascar, M. Hery Rajaonarimampianina, et le Secrétaire général de la CITES, M. John E. Scanlon, se sont rencontrés le 25 septembre à New York au sujet de la mise en œuvre de mesures urgentes visant à mettre un terme à la flambée du commerce international illégal de bois provenant de Madagascar. Cette réunion faisait suite à des discussions tenues à Bruxelles en avril dernier, et a eu lieu au siège de l’ONU, en marge de la soixante-neuvième session de l’Assemblée générale des Nations Unies. 

(from left to right) CITES Secretary-General Mr John E. Scanlon,  (de gauche à droite) Le
Secrétaire général de la CITES, M. John E. Scanlon, le Président de Madagascar M. Hery
Rajaonarimampianina, et le Ministre de l’Environnement, de l’Écologie et des Forêts de
Madagascar, M. Anthelme Ramanana Ramparany

Depuis la réunion d’avril, le Gouvernement de Madagascar a demandé au Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC) le déploiement rapide d’une équipe de soutien en cas d’incident affectant des espèces sauvages (WIST - Wildlife Incident Support Team). Celle-ci sera dirigée par INTERPOL, pour guider et faciliter un suivi approprié des mesures de lutte contre la fraude. Les autorités nationales compétentes à Madagascar finalisent actuellement un plan pour combattre conjointement l’exploitation forestière illégale et pour coordonner les mesures de lutte contre la fraude, afin d’endiguer le flux de bois illégalement exploité et exporté.

Le Président et le Secrétaire général ont reconnu l’importance de la mise en œuvre du plan, en appréciant les efforts déployés actuellement par Madagascar, et en reconnaissant les défis auxquels le pays est confronté pour contrôler ses 5000 km de côtes. Ils ont tous deux appelé à la coopération et au soutien international pour aider les États à détecter les exportations illégales de bois, les transferts de cargaisons et les importations.

Dans une allocution prononcée lors du débat annuel de haut niveau à New York, M. Rajaonarimampianina a fait référence pour la première fois dans l’histoire de l’Assemblée au trafic illégal d’espèces inscrites aux annexes de la CITES, et a appelé la communauté internationale à soutenir Madagascar dans sa politique de tolérance zéro à l’égard de tous les types de trafic des ressources naturelles et des espèces sauvages.

Le Président de Madagascar a alerté l’Assemblée générale des Nations Unies en déclarant que « malgré les efforts que nous déployons aujourd’hui, nous devons reconnaître que les trafiquants sont encore capables de contrecarrer les mesures de surveillance, et cela est dû à l’insuffisance des ressources dont nous disposons pour faire face à des contrebandiers lourdement armés ».

 « Madagascar abrite 5 % de la biodiversité mondiale. En conséquence, notre responsabilité est de préserver cette richesse et de s’assurer qu’elle est gérée au mieux pour les générations futures. Dès ma prise de fonctions en janvier, j’ai déclaré la guerre aux trafiquants de bois de rose, ainsi qu’à tous ceux qui sont impliqués dans commerce illégal d’espèces protégées », a-t-il ajouté.

Se félicitant des progrès annoncés par Madagascar, le Secrétaire général de la CITES a offert un soutien juridique et scientifique à Madagascar, incluant la possibilité de bénéficier d’une assistance future au titre du programme OIBT-CITES.

 « Le Président a attiré l’attention mondiale sur l’ampleur du commerce illégal de bois de rose et sur la menace que ce trafic fait peser sur l’environnement et l’économie de Madagascar. Le pillage de ses ressources naturelles doit cesser, et un effort collectif mondial est nécessaire pour soutenir Madagascar dans ses actions. Il est impératif que tous les États concernés - qu’ils soient pays d’origine, de transit ou de destination - restent vigilants pour garantir la légalité de toutes les cargaisons de bois d’essences inscrites aux annexes de la CITES en provenance de Madagascar », a déclaré M. Scanlon.

Les stocks de bois de rose, palissandres et ébènes exploités illégalement à Madagascar continuent à sortir du pays à des niveaux sans précédent, par des voies diverses et nombreuses. Des saisies importantes sont encore signalées par différents pays, principalement en Afrique et en Asie. Ainsi, plus de 4000 tonnes de bois de rose suspecté d’avoir été illégalement exporté de Madagascar ont été saisies par les autorités de différents pays de transit et de destination entre novembre 2013 et avril 2014.

Les informations sur les populations de toutes les espèces de Dalbergia de Madagascar sont rares. Il n’existe aucune synthèse sur les volumes des différentes espèces de bois de rose récoltés et vendus, ni de données d’inventaire complètes pour chaque espèce. Les chiffres officiels ne sont pas encore disponibles mais certains rapports non officiels estiment que les récentes saisies à Madagascar et à l’étranger dépassent maintenant les 50 000 grumes pour une valeur d’environ 130 millions de dollars aux prix actuels, ou plusieurs fois ce montant une fois que le bois brut a été transformé en produits élaborés tels que les placages.

Contexte de l’inscription du bois de rose à l’Annexe II

Lors de sa 16e session (CoP16, Bangkok, 2013), la Conférence des Parties à la CITES a décidé d’inscrire à l’Annexe II les populations malgaches des genres Dalbergia et Diospyros, avec une annotation limitant l’inscription aux « grumes, bois sciés et placages ».

À la même session, les Parties ont également adopté la décision 16.152 Ébènes (Diospyrosspp.) et palissandres (Dalbergiaspp.) de Madagascar ainsi que le plan d’action correspondant. La mise en œuvre rapide du plan d’action adopté par la CITES en mars 2013 sera essentielle pour la conservation à long terme et l’utilisation durable de ces bois précieux.

Le 13 août 2013, les autorités CITES de Madagascar ont demandé au Secrétariat de publier un quota zéro pour les exportations de Dalbergia et de Diospyros malgaches, pour une période de six mois allant jusqu’au 13 février 2014. Madagascar a ensuite prorogé ce moratoire jusqu’au 10 août 2015. Conformément au plan d’action de la CITES pour ces espèces, l’embargo sera maintenu jusqu’à ce que le Comité permanent ait approuvé les conclusions d'un audit et d'un plan d'utilisation des stocks afin de déterminer quelle partie de ces stocks a été légalement constituée et pourrait donc faire l'objet d'exportations légales.

Le Secrétariat de la CITES fait appel aux États membres, aux partenaires et aux bailleurs de fonds potentiels pour aider Madagascar à protéger son patrimoine naturel à travers la pleine mise en œuvre des mesures de la CITES, y compris le Plan d’action.

Les Partenaires de l’ICCWC échangent des informations et coopèrent pour aider les pays concernés dans la lutte contre la criminalité liée aux forêts. Il est reconnu que ces derniers mois de grandes quantités de bois de rose ont disparu des dépôts au nord-est de Madagascar. Une des modalités probablement utilisée par les trafiquants est le transport des grumes sur de petites embarcations jusqu’à de plus grands navires qui attendent au large.

L’Opération COBRA II a été organisée par l’Équipe spéciale de l’Accord de Lusaka (LATF - Lusaka Agreement Task Force), la Chine, les États-Unis d’Amérique, l’Afrique du Sud, le Réseau de lutte contre la fraude liée aux espèces sauvages de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN -WEN) et le Réseau de lutte contre la fraude liée aux espèces sauvages de l’Asie du Sud (SAWEN), et a été coordonnée par les Équipes internationales de coordination basées à Nairobi et à Bangkok. L’opération a porté sur les principales espèces faisant l’objet de commerce illégal, et a donné lieu à un grand nombre d’arrestations ainsi qu’à la saisie de spécimens, entre autres de guépards, d’éléphants, de rhinocéros, de pangolins, de léopards, de bois de rose, de serpents, de tigres et de tortues.

En 2007, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a inscrit les forêts humides de l’Atsinanana sur la Liste du patrimoine mondial. L’exploitation illégale de spécimens de Dalbergia spp. et de Diospyros spp. sévit dans deux des six parcs nationaux de cette région. Le Comité du patrimoine mondial a recommandé des mesures correctives, incluant la lutte contre la fraude, la restauration des zones dégradées et la liquidation des stocks existants.

Note aux rédacteurs : Pour plus d’informations, veuillez contacter Juan Carlos Vasquez : + 4179-552 27 32 (mobile), ou juan.vasquez@cites.org.

À propos de l’ICCWC

L’ICCWCest une action menée en collaboration par cinq organisations intergouvernementales qui œuvrent à fournir un appui coordonné aux agences nationales de lutte contre la fraude en matière d’espèces sauvages et aux réseaux régionaux et subrégionaux qui, jour après jour, agissent pour défendre les ressources naturelles. Les partenaires de l’ICCWC sont le Secrétariat de la CITES, INTERPOL, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale des douanes.

La mission de l’ICCWC est d’inaugurer une ère nouvelle où les auteurs de délits graves contre les espèces sauvages et les forêts devront faire face à une réaction formidable et coordonnée, alors qu’actuellement, le risque de détection et de sanction est trop faible.

Dans ce contexte, l’ICCWC œuvre principalement pour et avec la communauté de la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages, car ce sont les agents travaillant en première ligne qui amènent finalement les criminels impliqués dans ce trafic à être traduits en justice.

L’ICCWC cherche à soutenir un développement de la lutte contre la fraude qui s’appuie sur des politiques en faveur d’une utilisation des ressources naturelles durable au niveau social et environnemental, tenant compte de la nécessité de soutenir les moyens d’existence des communautés rurales pauvres et marginalisées.

Davantage d’informations sur l’ICCWC disponibles sur http://www.cites.org/fra/prog/iccwc.php.