Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages : Célébration de 10 ans de soutien aux pays pour lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages

Le 23 novembre 2020, nous célébrerons le dixième anniversaire de la création du Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC), l’initiative de collaboration entre le Secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), INTERPOL, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la Banque mondiale et l’Organisation mondiale des douanes (OMD). Ces cinq organismes intergouvernementaux travaillent collectivement à travers l’ICCWC afin de renforcer les capacités des agences nationales de lutte contre la fraude liée aux espèces sauvages ainsi que des réseaux sous-régionaux et régionaux du monde entier, et de leur apporter un soutien coordonné pour lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages.

« Par une approche coordonnée et conjointe, les partenaires de l’ICCWC ont joué un rôle essentiel en aidant les Parties du monde entier à lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages, en leur fournissant les outils, les services et le soutien technique nécessaires pour mobiliser les mêmes mesures contre la criminalité liée aux espèces sauvages que celles utilisées contre d’autres crimes graves organisés, nationaux et transnationaux », a déclaré Ivonne Higuero, Secrétaire générale de la CITES. « Il est reconnu que les Parties ont traité plus efficacement la criminalité liée aux espèces sauvages au cours de la dernière décennie, après avoir bénéficié d’une série d’initiatives destinées à renforcer les réponses du système de justice pénale et à développer les capacités à long terme des autorités ».
 

10 ans, 10 réalisations
L’ICCWC célèbre son 10e anniversaire sur le thème « 10 ans, 10 réalisations ». Au cours de la dernière décennie, l’ICCWC a soutenu des pays dans le cadre d’initiatives qui ont eu un large éventail de résultats concrets :

  • Une sensibilisation accrue à l’ampleur et à la gravité de la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts ;
  • L’analyse des réponses de la justice pénale à la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts ;
  • Des opérations des services de renseignement mondiaux menées pour arrêter et démanteler les groupes criminels organisés ;
  • La mise en œuvre de mesures de lutte contre la corruption afin de réduire au minimum les risques de corruption ;  
  • Le renforcement de la coopération entre les autorités de lutte contre la fraude du monde entier ;
  • Des outils pratiques pour soutenir la lutte contre la fraude et la poursuite des infractions liées aux espèces sauvages ;
  • Le renforcement des capacités et la formation des enquêteurs luttant en première ligne contre la criminalité liée aux espèces sauvages afin d’améliorer leurs compétences ;
  • Le déploiement d’équipes spécialisées pour soutenir les autorités nationales ;  
  • Des groupes de travail spécialisés élaborant des stratégies et renforçant les collaborations pour lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages ; et
  • Une assistance technique en matière de lutte contre le blanchiment d’argent afin de détecter le blanchiment d’argent issu de la criminalité liée aux espèces sauvages et de poursuivre ses auteurs.

Le Consortium a été formellement établi en novembre 2010 lors de la signature d’une Lettre d’entente, et a soutenu les Parties par diverses initiatives nationales, régionales et mondiales au cours de la dernière décennie. Il s’agissait notamment : d’apporter un soutien pratique aux agents luttant en première ligne contre la fraude liée aux espèces sauvages ; de coordonner les opérations mondiales et les enquêtes fondées sur le renseignement ; d’analyser en profondeur les réponses nationales à la criminalité liée aux espèces sauvages afin d’identifier les lacunes et de veiller à ce qu’elles soient comblées de manière ciblée en orientant les ressources là où elles sont particulièrement nécessaires ; de fournir un soutien technique pour renforcer les capacités des institutions dans l’ensemble du système de justice pénale ; et de développer et déployer une gamme d’outils et de services phares.

Voici un aperçu de ce que les représentants des Parties et des organismes bénéficiaires ont exprimé concernant la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages, le travail de l’ICCWC et la façon dont il a contribué au renforcement des capacités et de la collaboration dans la lutte mondiale contre cette criminalité :

  • « Le commerce illégal est mondial. Toutes les régions sont touchées. Pour lutter efficacement contre la criminalité liée aux espèces sauvages, chaque pays doit prendre des mesures de manière collective », a déclaré M. Pithaya Pookaman, Vice-Ministre des ressources naturelles et de l’environnement de Thaïlande, lors de la table ronde sur la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts organisée en 2013 par l’ICCWC à l’intention des ministres et des représentants de haut niveau.
  • « Cette collaboration envoie un message fort aux trafiquants d’espèces sauvages en leur montrant que Sri Lanka prend des mesures fermes contre le commerce illégal de l’ivoire. Notre coopération avec INTERPOL pour la collecte de preuves génétiques ne doit pas être sous-estimée, car elle aura de réelles conséquences à long terme pour les réseaux se livrant au braconnage des éléphants », a déclaré M. Liyanage, Directeur adjoint des douanes de Sri Lanka, à une équipe de soutien aux enquêtes déployée à Sri Lanka en 2013 dans le cadre de l’ICCWC, afin de fournir aux autorités l’assistance technique et les équipements nécessaires au prélèvement d’échantillons d’ivoire saisi destinés à des analyses criminalistiques.
  • « Cette réunion donne à Singapour l’occasion de travailler avec les agences afin d’identifier collectivement les lacunes dans les réponses au commerce illégal transfrontalier des tortues terrestres et des tortues d’eau douce et d’explorer les moyens de renforcer la lutte contre la fraude pour mieux combattre la criminalité liée aux espèces sauvages », a déclaré Mme Tan Poh Hong, Directrice générale de l’Autorité agroalimentaire et vétérinaire de Singapour (AVA), lors de la réunion de l’Équipe spéciale sur les tortues terrestres et tortues d’eau douce organisée en 2017 dans le cadre de l’ICCWC.
  • « Le soutien important de l’Union européenne à l’ICCWC démontre son engagement dans la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts, qui fait partie de sa politique visant à atteindre les objectifs de développement durable. Ce trafic ne peut être combattu avec succès que s’il est abordé de manière globale, en mettant particulièrement l’accent sur les liens entre la conservation, le développement et la sécurité », a déclaré M. Rodriguez Romero, au nom de l’UE, lors d’un évènement parallèle organisé par l’ICCWC en marge de la 69e session du Comité permanent de la CITES (SC69) à Genève, en Suisse, en 2017.
  • « La mise en place d’une action concertée et intégrée, et notamment d’une coopération étroite entre les États de l’aire de répartition et les États de destination, nous permettra de remporter le combat contre le braconnage des éléphants et le commerce illégal de l’ivoire », a déclaré M. Celso Correia, Ministre des terres, de l’environnement et du développement rural du Mozambique, lors de la réunion des représentants des Parties concernées par l’élaboration et la mise en œuvre des Plans d’action nationaux pour l’ivoire, organisée en 2018 à Maputo (Mozambique) avec le soutien de l’ICCWC.
  • « J’avais échangé des informations sur les risques et les arrestations dans chaque pays. Cette réunion a permis aux pays de transit ou de destination comme la Chine et les pays membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) de prendre conscience de l’importance du trafic des espèces sauvages et d’avoir une idée plus précise des mesures à prendre pour être plus stricts en matière de prévention et de répression », a déclaré un agent des services douaniers participant à une réunion interrégionale de lutte contre la fraude liée aux espèces sauvages organisée au Kenya en 2018 et soutenue par l’ICCWC.
  • « La formation sur les livraisons surveillées nous a ouvert les yeux, nous avons été impressionnés par l’utilisation des technologies disponibles pour le suivi des colis. Avec des techniques d’enquête aussi avancées, nous sommes maintenant plus confiants dans la conduite d’une éventuelle opération de livraisons surveillées », a déclaré un membre des services de police participant à la formation sur les livraisons surveillées organisée dans le cadre de l’ICCWC, au Viet Nam, en 2019.
  •  « En réunissant des représentants du monde entier, nous créons un réseau de fonctionnaires dévoués, d’organisations et de pays engagés, ainsi que de Réseaux régionaux de lutte contre la fraude liée aux espèces sauvages (WEN) travaillant ensemble à travers le monde pour atteindre des objectifs partagés. Ce n’est que par le travail conjoint que nous pourrons mettre un terme à cette criminalité insidieuse », a déclaré Mme Marcia Bernicat, Sous-secrétaire d’État adjointe principale pour les océans et les affaires environnementales et scientifiques internationales, lors de la 3e Réunion mondiale des WEN convoquée par l’ICCWC, à Genève, en 2019.

Depuis sa création en 2010, le rôle important de l’ICCWC a été largement reconnu. Le nombre d’activités menées sous les auspices de l’ICCWC continue d’augmenter, en réponse à un nombre croissant de demandes des pays. En s’appuyant sur les succès et les leçons tirées à ce jour, l’ICCWC est en train de développer la Vision 2030 de l’ICCWC, qui guidera le travail du Consortium pour la décennie à venir, alors qu’il continue à soutenir les actions des Parties dans leur lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages.

Le travail du Consortium au cours des dix dernières années n’aurait pas été possible sans un soutien important des donateurs. Le travail de l’ICCWC a pu être mené grâce au généreux soutien financier de précédents donateurs et actuellement de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne, de la Principauté de Monaco, du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et des États-Unis d’Amérique pour le Programme stratégique de l’ICCWC 2016-2020.

Pour en savoir plus sur l’ICCWC et ses outils et services : https://cites.org/fra/prog/iccwc_new.php