Allocution du Président Jacob Zuma, lors de l'ouverture de la 17e session de la Conférence des Parties


Allocution du Président Jacob Zuma, lors de l'ouverture de la 17e session de la Conférence des Parties
 
24 septembre 2016

 

Monsieur le ministre Mokonyane, Mesdames et Messieurs les ministres des États Parties,

Monsieur Erik Solheim, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement,

Monsieur John Scanlon, Secrétaire général de la CITES,

Monsieur Braulio F. de Souza Dias, Directeur exécutif de la Convention sur la diversité biologique,

Monsieur Kunio Mikuriya, Secrétaire général de l'Organisation mondiale des douanes,

Mesdames et Messieurs les Représentants d'organisations non gouvernementales, d'entités privées, d'associations et de la société civile.

Bonjour à tous et à toutes, et bienvenue en Afrique du Sud!

 

Photos: IIDD/ENB | Kiara Worth

Je suis honoré de vous accueillir sur nos côtes pour votre conférence consacrée à des questions essentielles ayant trait à la réglementation du commerce international des espèces sauvages.

La CITES est un accord important entre les gouvernements qui réglemente le commerce international des espèces de faune et la flore sauvages.

Il est indispensable que les gouvernements veillent à ce que le commerce international de spécimens d'animaux et de plantes sauvages ne menace pas leur survie. Les règlementations doivent garantir que le commerce du rhinocéros, par exemple, ou encore du gingembre sauvage, se déroule de façon à éviter la disparition de ces espèces et à garantir que les générations futures continueront d'en bénéficier.

Les niveaux d'exploitation de certaines espèces animales et végétales sont élevés, et le commerce est susceptible d'épuiser fortement leurs populations, voire d'amener certaines d'entre elles au bord de l'extinction. Il est important qu'un accord existe pour garantir un commerce durable et pour pérenniser ces ressources.

Nous sommes sensibles au fait que la 17e session de la Conférence des Parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages se tienne, pour la première fois depuis l'an 2000, sur le continent africain.

Cette Conférence s'ouvre à une date particulièrement opportune: le jour même où l'Afrique du Sud célèbre la Journée du patrimoine, placée sous le thème "Célébrons les trésors humains en affirmant notre identité africaine".

À l'occasion de la Journée du patrimoine, tous les Sud-Africains célèbrent leur patrimoine culturel et perpétuent leurs traditions et valeurs diverses qui contribuent à la richesse culturelle de leur nation.

Vous vous êtes tous réunis ici pour célébrer et protéger le patrimoine de vos pays respectifs, en ce qui concerne la faune et la flore sauvages. Permettez-moi donc de vous souhaiter à tous et à toutes une excellente Journée du Patrimoine!

Chers délégués,

Cette COP17 offre à l'Afrique, et à l'Afrique du Sud en particulier, l'occasion de mettre en valeur notre riche biodiversité et nos initiatives de conservation réussies.

Cela inclut nos pratiques de gestion de l'utilisation durable, qui ont fait de l'Afrique du Sud l'un des pays les plus avancés dans le domaine de la conservation.

Si l'Afrique du Sud soutient pleinement cette Conférence, c'est parce qu'elle est foncièrement attachée à la conservation, et convaincue qu'elle est essentielle au développement socio-économique des communautés pauvres des zones rurales.

L'utilisation durable des ressources biologiques locales de notre pays est fondamentale pour le développement de l'économie et la transformation sociale de l'Afrique du Sud.

L'élevage de gibier, l'industrie de la chasse, l'écotourisme et la bio-prospection jouent un rôle fondamental à cet égard.

Les interventions de gestion que nous appliquons visent donc à améliorer les moyens d'existence des communautés auxquelles elles sont confiées.

Notre pays mène déjà avec succès des programmes d'économie verte et d'économie océanique, ainsi que d'économie de la biodiversité, directement liés aux secteurs de la bio-prospection et des espèces sauvages.

Notre action s'inscrit dans la stratégie continentale, l'Agenda 2063, qui reconnaît le rôle important que jouent les ressources naturelles dans le développement et la transformation socio-économique de l'Afrique. Quant au Programme de développement durable à l’horizon 2030, adopté il y a un an par les Nations Unies, il comporte lui aussi des objectifs encourageant la protection et l'utilisation durable des ressources naturelles.

Il importe également de se rappeler que les ressources naturelles ne servent pas seulement à assurer la subsistance des communautés. Elles jouent également un rôle essentiel dans le développement économique.

Il s'agit par exemple du commerce légal des espèces sauvages, y compris la pratique de la chasse qui suscite de nombreuses critiques. Le secteur de la chasse en Afrique du Sud génère bien plus d'un milliard de rands par an.

Notre faune sauvage contribue elle aussi largement au PIB grâce au tourisme, largement axé sur la nature avec les "Big Five", les cinq grandes espèces emblématiques. C'est un créateur d'emplois majeur dans notre pays.

Nous préservons ces animaux parce qu'ils sont la fierté de notre patrimoine, et parce qu'ils nous procurent des revenus dont nous avons grand besoin.

Les succès que l'Afrique du Sud est fière d'afficher en matière de conservation se sont traduits par la sauvegarde d'espèces importantes comme le rhinocéros noir et le rhinocéros blanc, l'éléphant, le damalisque à front blanc que nous appelons bontebok et le zèbre de montagne du Cap, qui se trouvaient au bord de l'extinction au 20e siècle.

Malgré la pression accrue exercée par le braconnage, l'Afrique du Sud accueille 70 pour cent de la population mondiale de rhinocéros; et 30 pour cent de la population de rhinocéros blanc de l'Afrique du Sud sont aux mains du secteur privé.

L'Afrique du Sud se targue également de conserver sa position de dernier bastion du rhinocéros.

Chacun sait et reconnaît qu'une partie importante de la population des pays en développement dépend des ressources biologiques pour se loger, se nourrir et se soigner.

Le rôle commercial du secteur de la bio-prospection est évident dans les cosmétiques biologiquement enrichis, les produits d'hygiène personnelle, les huiles, les arômes alimentaires et les médicaments complémentaires.

C'est le cas, notamment, de produits populaires comme Aloe ferox, qu'on trouve en Afrique du Sud. L'Afrique du Sud est l'un des plus grands exportateurs mondiaux de ces produits et contribue à leur production mondiale.

C'est un secteur que nous avons l'intention d'encourager et de soutenir, améliorant ainsi la vie de millions de Sud-Africains qui sont déjà les dépositaires des connaissances traditionnelles sur bon nombre de produits biologiques très prisés par les marchés internationaux.

Chers délégués,

Vous êtes tous ici parce que votre pays sait qu'au niveau international, le commerce légal des espèces sauvages, en particulier des espèces menacées d'extinction, repose sur des réglementations, une surveillance continue, la lutte contre la fraude et la collaboration internationale.

Le commerce illégal de la faune sauvage, y compris le braconnage, est source de graves défis et menaces pour l'environnement, portant notamment atteinte aux avantages potentiels du commerce légal qui contribue largement au développement socio-économique.

Il affecte également les communautés locales en détruisant leurs moyens d'existence et en ouvrant la voie à la criminalité, enracinant ainsi la pauvreté dans les communautés qui disposent déjà de ressources limitées.

Si nous ne prenons pas les mesures qui s'imposent pour que le commerce légal soit dûment réglementé et s'inscrive dans le cadre de CITES et dans les cadres législatifs nationaux, les espèces en danger courent le risque d'une surexploitation.

Malheureusement, nous devons aussi constamment prendre des mesures fermes pour lutter contre le commerce illégal des espèces sauvages, dont les conséquences négatives sont nombreuses, comme le reconnaissent diverses résolutions adoptées par l'Assemblée générale des Nations Unies et l'Assemblée des Nations Unies pour l'environnement.

L'Afrique du Sud a répondu à ces appels à l'action lancés par la communauté internationale, et est conscient de la menace importante que représente le trafic des espèces sauvages, non seulement pour la conservation de nos espèces, mais aussi pour la sécurité nationale de ce pays.

Nous avons travaillé dur et notre stratégie de sécurité a entraîné une réduction visible, en 2016, du nombre de rhinocéros victimes du braconnage.

Nos agences de lutte contre la fraude continuent de travailler d'arrache-pied pour briser la chaîne de valeur illicite du trafic des espèces sauvages, que ce soit en Afrique du Sud ou hors de nos frontières.

Nous entendons également intensifier nos efforts pour établir des partenariats avec les communautés locales et les autres parties prenantes, tant en Afrique du Sud qu'à l'étranger, afin de pouvoir lutter contre le commerce illicite des espèces sauvages à l'échelle nationale et mondiale.

Nous nous y appliquerons tout en soulignant l'importance d'aider les communautés vivant à proximité de zones sauvages, qui demeurent les principales victimes du trafic d'espèces sauvages et du braconnage.

Chers délégués,

Cette Conférence des Parties offre une excellente occasion de discuter de la manière dont les Parties peuvent renforcer le rôle de la Convention dans la réalisation des objectifs de développement social.

Cette réunion a également pour tâche de veiller à ce que des décisions importantes soient prises sur le Règlement intérieur de la Conférence des Parties, d'autant plus que ce sera la première Conférence des Parties où l'Union européenne, en tant qu'organisation régionale d'intégration économique, participera en qualité de Partie à la Convention.

La gouvernance mondiale est un élément essentiel de notre réussite commune.

Or, nous ne pourrons y parvenir que si nous disposons d'un système transparent et équitable permettant aux gouvernements de répondre à leurs impératifs de développement, lesquels sont étroitement liés à l'utilisation durable des espèces, une question que nous aborderons ces prochains jours.

Nous attendons avec impatience des résultats conformes aux dispositions de cette convention, fondés sur la science et dans l'intérêt de la conservation.

Vous portez les espoirs, les voix et les aspirations d'hommes et de femmes ordinaires, qui sont à la fois les gardiens et les bénéficiaires de ces ressources de la faune sauvage.

Au nom du gouvernement et du peuple sud-africains, je vous souhaite plein succès dans vos prises de décision essentielles.

C'est avec plaisir que je déclare officiellement ouverte la 17e session de la Conférence des Parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction.

Je vous remercie!

Publié par The Presidency

Pretoria