Allocution d’ouverture du Secrétaire général de la CITES lors du débat thématique de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur l’observation de la Journée mondiale de la vie sauvage 2017

Allocution d’ouverture du Secrétaire général de la CITES, M. John E. Scanlon

Siège de l’ONU, New York, 3 mars 2017

S.E. M. Peter Thomson, Président de l’Assemblée générale des Nations Unies,

Excellences,

Distingués panélistes,

Chers amis de la vie sauvage,

*Cliquer ici  pour voir la vidéo sur WebTV des Nations Unies.

C’est un grand plaisir pour nous d’être ici, et nous adressons tout particulièrement nos remerciements à Monsieur le Président, pour l’accueil de cet événement important. Nous sommes également reconnaissants de l’engagement de vos prédécesseurs à soutenir la Journée mondiale de la vie sauvage depuis sa création en 2014. 

En seulement quatre ans, la Journée mondiale de la vie sauvage de l’ONU est devenue le plus important événement mondial annuel consacré aux espèces sauvages. Au cours de cette période, nous avons « laissé libre cours à la vie sauvage », nous avons « pris au sérieux la criminalité liée aux espèces sauvages », nous avons eu « l’avenir des espèces sauvages entre nos mains », et cette année, nous « écoutons la voix des jeunes ».

Je tiens à adresser ma reconnaissance à la Thaïlande qui a été le catalyseur de cette journée spéciale. En 2013, la Thaïlande a accueilli la 16e session de la Conférence des Parties à la CITES (CoP16), au cours de laquelle sa proposition de déclarer le 3 mars « Journée mondiale de la vie sauvage » – en référence à la date de signature de la CITES – a été adoptée par la Conférence des Parties et par la suite par l’Assemblée générale des Nations Unies.

Ainsi, nous célébrons aujourd’hui également le 44e anniversaire de la CITES !

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Excellences, le 3 mars est l’occasion pour nous tous – peu importe qui nous sommes et où nous sommes – de célébrer la beauté et la diversité des millions de plantes et d’animaux avec lesquels nous partageons notre planète, que ce soit des espèces terrestres ou des espèces aquatiques.

Alors que nous chérissons les espèces sauvages pour elles-mêmes, nous ne devons pas oublier qu’elles contribuent aussi à notre bien-être personnel – de la nourriture à la médecine – de la culture aux loisirs.

Mais aujourd’hui, nos espèces sauvages souffrent de nombreuses menaces, y compris de la menace grave et immédiate du commerce illégal, qui représente une valeur de plusieurs milliards de dollars chaque année. Ce commerce illégal menace la survie de nombreuses espèces charismatiques ou moins connues, ainsi que les moyens d’existence et la sécurité des peuples, ce que l’Assemblée générale des Nations Unies a reconnu à travers sa résolution historique sur la « lutte contre le trafic des espèces sauvages » et les Objectifs de développement durable.

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La réalité est que notre génération n’a pas encore réussi à assurer l’avenir de beaucoup d’animaux et de plantes sauvages. La responsabilité de relever ce défi sera maintenant partagée avec la prochaine génération.

Et pour réussir, nous devons tirer pleinement parti de l’innovation et de l’énergie de la jeunesse, et les combiner avec la sagesse qui vient avec l’expérience, si nous voulons que ce changement nécessaire puisse avoir lieu. Par conséquent, le thème de la Journée mondiale de la vie sauvage est « Écoutons la voix des jeunes ».

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C’est une bonne nouvelle de savoir qu’un effort collectif mondial est en cours pour lutter contre le commerce illégal des espèces sauvages, et, à l’échelle mondiale, tous les éléments nécessaires sont en place pour combattre efficacement ces crimes si destructeurs.

Aujourd’hui, il existe une vaste gamme de décisions puissantes sur la lutte contre le commerce illégal des espèces sauvages, venant de l’Assemblée générale des Nations Unies, de la CITES, de la Commission des Nations Unies pour la prévention du crime, de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement, du FEM, d’INTERPOL, de l’Organisation mondiale des douanes, soutenues par de nombreuses conférences à travers le monde, telles que celles qui se sont tenues à Londres, Kasane et Hanoï.

Nous assistons à un soutien politique de haut niveau et à une coopération internationale et régionale sans précédent. Il suffit de regarder le domaine de la lutte contre la fraude pour lequel nous avons le Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages – l’ICCWC – qui est maintenant pleinement opérationnel et fournit un soutien actif et coordonné au niveau des pays afin d’aider les autorités à combattre les groupes criminels organisés transnationaux.

Cela comprend un soutien pour appliquer les mêmes outils et techniques que ceux utilisés pour lutter contre d’autres crimes graves - que ce soit l’utilisation de la criminalistique moderne, les techniques d’enquête améliorées, ou la lutte contre le blanchiment d’argent. Et hier, INTERPOL, un de nos partenaires ICCWC, a annoncé les résultats d’une initiative majeure de lutte contre la fraude relative aux espèces sauvages, baptisée Opération Thunderbird.

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Excellences, nous disposons aujourd’hui de plus de mandats pour lutter contre le commerce illégal d’espèces sauvages que nous aurions pu imaginer il y a seulement six ans. Ces mandats sont essentiels pour orienter, guider les États et les organisations et leur permettre de prendre des mesures.

Pourtant, nous ne gagnerons pas ce combat dans une salle de conférence. Nous le gagnerons ou le perdrons finalement sur le terrain, en première ligne – à travers les gardes, les services de police, les douanes, les inspecteurs et les communautés locales – et nous sommes convaincus que l’action en première ligne doit être notre objectif pour aller de l’avant.

Les gouvernements, les communautés rurales, la société civile, le secteur privé, les personnalités publiques et les médias ont tous un rôle à jouer pour que notre objectif commun soit atteint.

Des décisions audacieuses ont été prises sur la lutte contre le commerce illégal des espèces sauvages lors de la 17e session de la Conférence des Parties à la CITES (CoP17) qui s’est tenue l’année dernière à Johannesburg, en Afrique du Sud. Cette CoP a été la plus grande et la plus réussie que nous ayons connue, et c’est un plaisir de partager le podium une fois de plus avec l’honorable Dr Edna Molewa. Et, Monsieur le Président, le succès de la CoP17 comprenait l’adoption de la proposition des Fidji pour que le commerce des raies du genre Mobula soit soumis au contrôle CITES.

Nous avons maintenant besoin d’actions tant concrètes qu’audacieuses pour mettre en œuvre ces résultats, avec tout le soutien politique, financier et technique qui a été généré au cours des six dernières années, convergeant et se traduisant par un soutien direct à ceux qui œuvrent en première ligne pour cette mise en œuvre.

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Excellences, nous sommes convaincus que si nous persévérons dans nos efforts collectifs nous mettrons fin à la flambée du commerce illégal des espèces sauvages que nous connaissons ces dernières années - et les chiffres sur les tendances de l’abattage illégal des éléphants en Afrique, publiés ce matin grâce à notre programme MIKE, montrent que nous sommes sur la bonne voie, bien qu’il reste encore beaucoup à faire.

Comme nous marquons aujourd’hui un temps pour célébrer les espèces sauvages, nous devons faire tout ce que nous pouvons – en tant que citoyens et en tant que consommateurs, quel que soit notre âge – pour mettre fin à leur commerce illégal et pour œuvrer en faveur d’un avenir où les hommes et les espèces sauvages coexisteront en harmonie.

Je vous remercie Monsieur le Président et je remercie tous ceux qui sont ici aujourd’hui pour montrer leur soutien à la survie des espèces sauvages du monde entier, et en particulier les jeunes - il est temps d’écouter la voix des jeunes !

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