Allocution d’ouverture prononcée par le Secrétaire général de la CITES à la 28e session du Comité pour les animaux de la CITES

28e session du Comité pour les animaux de la CITES

30 août – 3 septembre 2015

Tel Aviv, Israël

Allocution d’ouverture prononcée par John E. Scanlon, Secrétaire général de la CITES

 

M. Avi Gabai, Ministre de l’Environnement

M. Shaul Goldstein, Directeur général de l’autorité israélienne pour la nature et les parcs nationaux (INPA)

M. Aharon (« Roni ») Leshno Yaar, Directeur général adjoint, chef de la Division de l’ONU et des organisations internationales au Ministère des Affaires étrangères

Mme Carolina Caceres, présidente du Comité pour les animaux, et membres du Comité pour les animaux

Chers invités, amis et collègues,

C’est un grand plaisir de me trouver parmi vous à Tel Aviv aujourd’hui à l’occasion de la 28e session du Comité pour les animaux de la CITES. C’est la première fois qu’un organe de la CITES se réunit en Israël depuis plus de 40 ans que la Convention existe et je remercie sincèrement le gouvernement et le peuple d’Israël pour leur accueil chaleureux et l’organisation impeccable de cette session.

Nous nous réjouissons de la présence ici de plus de 200 participants venus de plus de 50 pays et je remercie l’Autorité israélienne pour la nature et les parcs nationaux pour son excellent travail de préparation, notamment M. Goldstein, Directeur général, et sont équipe. Je remercie également le Président de notre Comité permanent, M. Øystein Størkersen, de sa présence, lui qui a participé à chacune des sessions ordinaires du Comité pour les animaux depuis que la Norvège en a assumé la présidence en 2010.

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Mes chers collègues, la science est au cœur de la CITES. Les recommandations scientifiquement fondées qui seront formulées à la fin de cette session fourniront aux Parties à la CITES les meilleurs avis scientifiques sur lesquels seront établies les décisions concernant la conservation et l’utilisation durable de la faune sauvage, alors que nous finalisons les préparatifs pour la 17e session de la Conférence des Parties (CoP17) prévue dans à peine plus de 12 mois à Johannesburg, en Afrique du Sud, et que nous attendons tous avec impatience.

Votre ordre du jour est chargé, vous devez gérer un grand nombre d’espèces variées, traiter de questions techniques et, parfois, de problèmes politiquement sensibles pour les Parties à la CITES. L’une des espèces à l’ordre du jour ayant beaucoup fait la une des médias ces temps-ci est le lion d’Afrique.

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La Conférence des Nations Unies pour le développement durable Rio+20 de 2012 a reconnul’importance durôle de la CITES en tant que « convention internationale au carrefour du commerce, de l’environnement et du développement » ce qui a renforcé les liens de corrélation entre application de la CITES et développement durable.

La vaste couverture médiatique ces dernières semaines ou ces derniers mois des questions de gestion et de commerce de la faune sauvage a mis l’accent sur le fait que la CITES peut souvent être le point focal d’un débat animé sur les question qui sont directement ou indirectement liées à la conservation, y compris l’utilisation durable, le bien-être animal et le droit des animaux.

Ces positions qui sont liées mais peuvent être contradictoires génèrent un grand intérêt parmi les praticiens et dans le grand public, ainsi que le démontre l’étendue de la couverture médiatique de questions entrant dans le champ de la CITES, dans les médias traditionnels ou les réseaux sociaux, mais aussi dans la littérature universitaire.

La CITES est peut-être l’unique forum mondial réunissant des experts et groupes de pression défendant des points de vue aussi divers dont les débats contribuent à la prise de décisions et qui formulent des recommandations sur ces questions, ce qui fait la force de la CITES.

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La CITES est une convention qui traite de questions relatives à la fois au commerce et à la conservation et qui met en place des mesures à caractère commercial en vue d’atteindre des objectifs de conservation. C’est également le premier, et peut-être le seul, instrument législatif mondial traitant directement du bien-être animal, même si ne sont traitées qu’un nombre limité de questions, et qui se penche essentiellement sur le transport d’animaux vivants.

Àce jour, les États considèrent que la plupart des questions touchant au bien-être animal relèvent de la législation nationale et non pas du droit international, et aucun accord international n’aborde actuellement le sujet du bien-être animal ou du droit des animaux.

C’est sans doute en parti pour cette raison que la CITES sert souvent de forum pour l’expression d’une grande variété de positions sur le commerce des animaux sauvages, y compris sur des transactions commerciales spécifiques, même si les mesures envisagées par les divers acteurs n’entrent pas toutes dans le cadre du mandat actuel de la CITES.

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Je soulève ces questions aujourd’hui pour nous rappeler que s’il existe de nombreuses positions, légitimes et défendues avec passion, relatives à la gestion et au commerce, nous tenons notre mandat du texte de la Convention et des résolutions et décisions de la Conférence des Parties et que nous sommes tenus de respecter l’État de droit. C’est ainsi que certaines questions sortent du cadre des attributions de ce Comité et de la Convention.

Toutefois, bien que le mandate actuel de la CITES soit limité, il a évolué avec le temps et le débat est lancé. Il est mené par les réseaux sociaux, avec leurs forces et leurs faiblesses, et nous devrions peut-être voir comment nous pourrions participer à ce débat global en fournissant les informations.

Par exemple, j’observe que certaines questions scientifiques soulevées dans les discussions avec des gens ou en suivant le débat global amènent à se poser la question de savoir comment lier la protection d’un animal en particulier à la conservation de son espèce? La CITES a vocation à conserver les espèces, mais les deux sont-ils irréconciliables ? La Convention traite de quelques aspects du bien-être animal, mais ce sont les législations nationales qui en régissent la majorité. Est-il possible de conseiller les Parties sur certaines questions liées au bien-être animal, comme les conditions dans lesquelles sont traités les animaux avant ou après une transaction commerciale internationale ? Ou bien vaut-il mieux laisser ce soin à la législation nationale comme c’est actuellement le cas ?

J’observe également que les points de vue sur la conservation et l’utilisation durable, le bien-être animal et le droit des animaux, s’entrecroisent dans ce débat, souvent sans que soient clairement établies les conséquences des diverses stratégies de conservation. Il serait bon que nos Parties et le grand public puissent avoir une vision plus nette de ces diverses positions, de la façon dont elles envisagent de réaliser des objectifs de la CITES et de la façon dont elles pourraient être débattues dans le cadre de la CITES – et il faut aussi admettre que certains sujets ne sont pas de la compétence juridique de la CITES et doivent être discutés ailleurs.

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Mes chers collègues, la CITES atteindra ses objectifs grâce l’engagement et à la collaboration de multiples organisations et personnes venues de toutes les disciplines et aux intérêts et points de vue divers.

Nous bénéficions manifestement d’un intérêt très diversement manifesté pour la Convention. Nous sommes encouragés par la participation à la présente session des membres dévoués du Comité, des Parties prenantes à la CITES et de beaucoup d’observateurs engagés, et nous vous remercions sincèrement pour le travail que vous accomplissez bénévolement en tant qu’expert auprès de la CITES.

Comme vous le savez, le Secrétariat est en pleine transition avec le départ à la retraite de cinq de ses cadres et la mise en place de la nouvelle grande réforme administrative de l’ONU dite Umoja. Les répercussions se font fortement sentir sur le Secrétariat.

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Permettez-moi de féliciter M. Tom De Meulenaer qui vient d’obtenir le poste bien mérité de chef de l’équipe des services scientifiques et de remercier M. David Morgan pour son excellent travail effectué avant sa nomination à son nouveau poste au sein du Secrétariat. Laissez-moi vous présenter trois nouveaux venus au Secrétariat : Mme Nadia Berny, notre assistante aux sessions et conférences, M. Daniel Kachelriess, notre administrateur pour les espèces marines - et tout premier administrateur stagiaire à la CITES, ainsi que M. Johannes Stahl, notre administrateur scientifique intérimaire pour la Faune.

Tous mes remerciements à nouveau à mes généreux hôtes, le gouvernement et le peuple d’Israël, à vous tous pour votre participation et à l’équipe industrieuse du Secrétariat.

Je vous souhaite une session pleinement réussie ici, à Tel Aviv.