Plans d'action Ivoire: bonne progression, mais nécessité de mettre en œuvre des prochaines étapes

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE CONJOINT

Plans d'action Ivoire: bonne progression, mais nécessité de mettre en œuvre des prochaines étapes

Atelier régional sur les plans d'action nationaux Ivoire en Afrique centrale Kinshasa, République démocratique du Congo.

 


crédit photo : Traffic.org

Lors de l’atelier régional de deux jours sur les plans d'action nationaux Ivoire (PANI) tenu à Kinshasa, en République Démocratique du Congo (RDC), les pays participants ont partagé leurs expériences et ont convenu de la nécessité de mettre en œuvre conjointementdes prochaines étapes, essentielles pour assurer l'avenir des éléphants en afrique centrale. L'objectif de l'atelier était d'améliorer la gestion et la conservation des éléphants d'Afrique et de réduire le braconnage et le commerce illégal de l'ivoire à travers la mise en œuvre effective des PANI demandés par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) au niveau des pays, et à travers le renforcement de la collaboration régionale et transfrontalière.

Parmi les pays invités à développer des PANI, les représentants des gouvernements du Cameroun, du Congo, du Gabon et de la République Démocratique du Congo ont présenté leurs progrès dans la mise en œuvre des PANI, identifié les lacunes et les besoins prioritaires tout en repérant les mécanismes de soutien régionaux essentiels pour améliorer l'efficacité de leurs activités. Quelques pays voisins aux pays invites a développer des PANI ont aussi partagé leurs principaux défis et actions correctives pour la lutte contre le commerce illégal de l'ivoire. Les résultats ont été partagés avec les représentants du Secrétariat de la CITES ainsi qu'avec les organisations intergouvernementales, les partenaires des organismes de la coopération et du développement, les experts indépendants et des organisations non-gouvernementales.

L'atelier a été organisé par TRAFFIC avec le soutien du Secrétariat de la CITES, et rendu possible grâce au projet Réponse, Evaluation et Etablissement des Priorités sur le Trafic d’Espèces Sauvages (Wildlife-TRAPS) mis en œuvre par TRAFFIC et l'UICN, et financé par l'Agence américaine pour le développement international (USAID).

L'atelier était aussi appuyé par le Gouvernement allemand, grâce à la facilitation BENGO du Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), et du projet Polifonds, mis en œuvre par la GIZ au nom du BMZ et du Ministère fédéral de l'Environnement, de la Protection de la Nature, de la Construction et de la Sûreté nucléaire (BMUB). Le projet Polifonds fédère l’expertise et les ressources de cinq ministères allemands, des organisations internationales et des ONGs pour la lutte contre le braconnage et le commerce illégal de produits issus d’espèces sauvages (ivoire et corne de rhinocéros) en Afrique et en Asie.

Le Secrétaire général de la CITES John E. Scanlon en commentant la réunion a déclaré que «Des plans d'action nationaux d’ivoirequi sont orientées vers l'action et limité dans le temps se sont révélés être efficaces et réussi pour lutter contre le commerce illégal de l'ivoire. La réunion de cette semaine a anticipé le processus en identifiant les actions prioritaires ciblées pour améliorer la mise en œuvre efficace des PANI ainsi que les actions nécessaires pour les pays qui n'ont pas élaboré des plans d'action. Notre accent doit être mis sur de telles actions de collaboration si nous voulons gagner ce combat ».

M. Scanlon a également exprimé ses remerciements à l'USAID et au Gouvernement allemand pour le financement de la réunion, à TRAFFIC et l'UICN pour l'initiative ainsi qu’à la RDC le pays hôte.

Diana Putman, Directrice de la mission de l'USAID à Kinshasa a affirmé : « Les Etats-Unis travaillent activement avec les pays concernés afin de mieux détecter les produits illicites d'espèces sauvages dans les ports et aéroports, arrêter les ventes illégales sur Internet, enquêter sur les crimes de la faune, traduire les criminels en justice et mener des campagnes pour mieux informer le public. Ces efforts portent leurs fruits. ».
Nelly Reliat du Programme sur la biodiversité et les forêts de la GIZ en RDC a confirmé que « ... à la lumière des conclusions de cet atelier, la GIZ est intéressée à coopérer et soutenir la mise en œuvre des résultats, et de continuer à s’engager à fournir des contributions techniques et des ressources à la RDC et d'autres pays de la sous-région d'Afrique centrale dans la lutte contre la criminalité forestière et faunique ».

Pour Roland Melisch, Directeur Senior Afrique -Europe à TRAFFIC, «il était génial de voir de franches et fortes discussions et l'enthousiasme dans la collaboration entre les participants gouvernementaux et les observateurs à cet atelier. Ceci a conduit à l'identification des priorités régionale dans la lutte contre le commerce illégal de l'ivoire".
Les présentations des pays sur la mise en œuvre des PANI ont démontré que les activités étaient déjà en cours pour renforcer le contrôle du commerce intérieur et transfrontalier de l'ivoire et la surveillance des marchés de l'ivoire. Cependant, plusieurs activités n’ont pas encore commencé ou vont être formellement développées pour lutter efficacement contre le commerce illégal de l'ivoire. Les délégués ont noté que l'un des principaux défis qu'ils ont rencontré réside dans la mobilisation des fonds pour mettre en œuvre leurs PANI. Des efforts sont déployés pour inclure les activités du PANI dans les budgets nationaux, mais le financement externe et l’appui technique seront cruciaux pour accélérer le rythme de mise en œuvre.

Il a également été souligné que le processus PANI avait permis d'améliorer la coordination entre les différents services gouvernementaux qui peuvent jouer un rôle clé dans le contrôle du commerce illicite, en particulier les services judiciaires, les douanes et les organismes d'application de la loi, et que cette coordination doit être renforcée. Il a également été reconnu que le renforcement de la coopération régionale était nécessaire pour traquer les réseaux internationaux de braconnage, et améliorer la protection des populations d'éléphants. Alors que la plupart des pays ont fait inclure des activités dans leur PANI pour améliorer la coopération régionale, la plupart de ces activités doivent encore être mises en œuvre. Particulièrement, il est nécessaire de développer des réseaux de collecte de renseignements régionaux. Il a été suggéré que les mécanismes de collaboration et d'application de la loi déjà développés dans le cadre des organisations régionales telles que la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) et la Commission des Forêts d'Afrique Centrale (COMIFAC) pourraient jouer un rôle clé dans la facilitation de la coopération régionale dans la lutte contre la criminalité faunique et le commerce illégal de l'ivoire .

Comme résultat, un plan d'actions prioritaires a été élaboré pour améliorer la mise en œuvre effective des activités nationales, transfrontalières et régionales incluses dans les PANI. Les efforts des pays qui ne sont pas tenus d'élaborer des PANI ont également été soulignés, avec notamment le Tchad et la République centrafricaine, indiquant que leurs pays verront les avantages de la mise en œuvre d'un PANI, même s’ils ne sont pas formellement tenus de le faire pour le moment.

Bien que n’étant pas en mesure de participer à l'atelier, le Nigeria avait espéré y assister pour discuter de son projet de PANI qui devrait être prochainement soumis au Secrétariat de la CITES et pour cibler les ressources potentielles disponibles pour l’aider à mettre en œuvre les activités de son PANI ainsi que la prise en charge des activités urgentes.

Le Comité permanent de la CITES examinera, lors de sa 66e réunion qui se tiendra à Genève du 11 au 15 Janvier 2016, les progrès réalisés dans la mise en œuvre des PANI par toutes les parties concernées, dont les quatre parties qui ont participé à l'atelier.

Enfin, l'atelier a rendu hommage à tous les éco-gardes qui ont perdu leurs vies en protégeant les éléphants du patrimoine naturel de la planète à partir de l'assaut des mafias criminels et des groupes armés dans les parcs nationaux. En RDC, au cours des dernières semaines, plusieurs éco-gardes en service dans les Parcs nationaux de la Garamba et des Virunga ainsi que dans la Réserve Okapi ont été tués. Certains pays ont annoncé la création d'unités spécialisées pour soutenir leur travail sur le terrain.

Un rapport de l’atelier suivra.

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Pour plus amples informations, bien vouloir contacter:

Liu Yuan au du Secrétariat de la CITES, tel :  +41 22 917 8130, adresse courriel: yuan.liu@cites.org.
Sabri Zain, Directeur de la Politique, TRAFFIC , tel: +44 (1223) 277427, adresse courriel: Sabri.Zain@traffic.org

Au sujet de la CITES

Avec 181 États membres, la CITES reste l’un des instruments les plus puissants au monde pour la conservation de la biodiversité par la réglementation du commerce de la faune et de la flore sauvages. Des milliers d’espèces font l’objet d’un commerce international et sont utilisées par l’homme dans sa vie quotidienne pour se nourrir, se loger, se soigner, ainsi que pour l’écotourisme, les cosmétiques ou la mode.
 
La CITES règlemente le commerce international de près de 35 000 espèces de plantes et d’animaux, y compris de leurs parties et produits, assurant leur survie dans la nature au bénéfice tant des populations locales qui conservent ainsi leurs moyens de subsistance que de l’environnement mondial. Le système de permis CITES a pour but de veiller à ce que le commerce international des espèces inscrites aux annexes CITES soit durable, légal et traçable.
 
La CITES a été adoptée à Washington D.C. le 3 mars 1973.
 
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