Réunion annuelle de la CITES pour traiter des problèmes urgents relatifs aux espèces sauvages et évaluer le respect des engagements internationaux - à propos des éléphants, des instruments de musique, des pangolins, de la « chasse scientifique des rorqual

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Réunion annuelle de la CITES pour traiter des problèmes urgents relatifs aux espèces sauvages et évaluer le respect des engagements internationaux - à propos des éléphants, des instruments de musique, des pangolins, de la « chasse scientifique des rorquals » et plus encore à l’ordre du jour de la semaine

 

Avec un ordre du jour chargé pour cette réunion d’une semaine, le Comité permanent de la CITES discutera des progrès réalisés dans les domaines suivants : la lutte contre le braconnage des éléphants d’Afrique ; l’adoption de lois plus strictes sur les espèces sauvages ; la détection du commerce illégal des pangolins, les mammifères les plus touchés par le trafic ; la vérification de l’introduction en provenance de la haute mer des rorquals boréaux par le Japon ; et un large éventail d’autres questions liées au commerce des espèces sauvages, incluant le respect de la Convention au Laos, en République démocratique du Congo et en Guinée ; les implications de l’ADN synthétique et de culture destiné à la fabrication de produits issus de la bio-ingénierie tels que la corne de rhinocéros ; une saisie de près de 16 000 tortues terrestres et aquatiques en Inde ; et plus encore.

Genève, le 23 novembre 2017 - La 69e session du Comité permanent de la CITES, qui durera une semaine, commence lundi avec un ordre du jour chargé, composé de 76 points visant à traiter les plus urgentes des questions de commerce des espèces sauvages affectant la survie d’une multitude de plantes et d’animaux sauvages. Un nombre record de 600 participants venant du monde entier s’est inscrit à la session.

Le Secrétaire général de la CITES, M. John E. Scanlon, a déclaré : « Il s’agit de la première session du Comité permanent après la plus grande Conférence mondiale sur les espèces sauvages de tous les temps – la CoP17 – qui s’est tenue l’année dernière à Johannesburg. Un grand nombre de décisions et de résolutions novatrices adoptées à la CoP17 ont été pleinement incluses dans la nouvelle résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies, Lutte contre le trafic des espèces sauvages, adoptée il y a deux mois, et il appartient maintenant au Comité permanent d’examiner comment les 183 Parties à la CITES et son Secrétariat progressent dans la mise en œuvre de ces décisions et résolutions, et de déterminer quelles autres mesures sont nécessaires. »

Les sujets des discussions seront notamment :

La crise du bois de rose en Afrique et en Asie

Nombre d’espèces CITES ont une valeur monétaire très élevée, et notamment celles fournissant du bois précieux, des centaines d’entre elles ayant été inscrites à l’Annexe II de la CITES lors de la CoP17. Assurer la gestion et le commerce durables de ces espèces est un véritable défi. En outre, depuis la CoP17, des informations sur le commerce illégal à grande échelle du bois continuent d’être portées à l’attention du Secrétariat, en particulier en ce qui concerne les bois de rose, les ébènes et les palissandres d’Afrique et d’Asie du Sud-Est. Cela souligne la nécessité urgente d’intensifier les efforts de lutte contre la fraude pour combattre ce commerce illégal et faire en sorte que le commerce légal repose sur une assise durable.

Des milliers de tonnes de bois de rose précieux ont été saisies auprès d’exploitants illégaux à Madagascar. Le contrôle et l’utilisation des vastes stocks de bois de rose de grande valeur provenant des forêts tropicales de Madagascar constituent un immense défi. Une interdiction d’exportation de la CITES existe depuis 2010, mais Madagascar a maintenant demandé au Comité l’autorisation d’exporter des milliers de tonnes de bois de rose.

L’exploitation illégale et le trafic du bois de rose du Siam inscrit à l’Annexe II de la CITES provoquent un grave déclin de l’espèce dans la nature et nuisent à l’intégrité écologique des forêts d’Asie du Sud-Est. Selon le World Wildlife Crime Report, 798 tonnes de bois de rose du Siam ont été saisies entre 2005 et 2015. 

Sauver de l’extinction l’acoupa de MacDonald et le marsouin du golfe de Californie

L’acoupa de MacDonald et le marsouin du golfe de Californie vivent dans les eaux du nord du golfe de Californie (mer de Cortez). Le commerce international des deux espèces est interdit par la CITES depuis les années 1970. Aujourd’hui, le marsouin du golfe de Californie, l’un des mammifères marins les plus rares au monde, est sur le point de disparaître du fait des prises accidentelles lors de la pêche des acoupas de MacDonald pratiquée pour répondre à la demande illégale et continue de vessies natatoires de ce poisson. Les scientifiques estiment qu’il reste moins de 30 marsouins du golfe de Californie, un individu étant mort plus tôt ce mois-ci lors d’une opération de sauvetage.

Le Comité permanent examinera les rapports sur les progrès réalisés en matière de sensibilisation du public, de réduction de la demande, de lutte contre la fraude et de coopération entre les principaux pays, conformément aux décisions de la CoP17 de la CITES. Le rapport sur l’atelier ayant réuni la Chine, le Mexique et les États-Unis sera examiné.

Commerce illégal de pangolins

Le commerce illégal de pangolins se poursuit malgré la protection totale en vertu de la CITES adoptée par la CoP17. Les informations disponibles sur la dynamique du commerce illégal des pangolins montrent que 55 Parties sont impliquées, ou au moins mêlées à ce trafic, y compris des États de l’aire de répartition africains et asiatiques et des États situés en dehors de l’aire de répartition.

Bien que les mesures de lutte contre la fraude prises par de nombreux pays soient louables, des améliorations importantes restent encore nécessaires en matière de légalisation et de lutte contre la fraude.

Les données montrent que 1557 saisies portant sur environ 192 576 pangolins ont eu lieu entre 1999 et 2017, et que le commerce illégal de pangolins a considérablement augmenté au cours des dernières années, la majorité de ces saisies (environ 94 %) ayant eu lieu à partir de 2007.

Prélèvement de rorquals boréaux par le Japon

Les membres du Comité permanent examineront pour la première fois des informations sur le « programme de recherche scientifique » du Japon sur le rorqual boréal, l’un des cétacés les plus rapides au monde. Le Comité étudiera si l’introduction en provenance de la haute mer des rorquals boréaux se déroule conformément aux dispositions de la CITES régissant les échanges non commerciaux des espèces inscrites à l’Annexe I.

Préoccupations dans le secteur des instruments de musique

Depuis le 2 janvier 2017, de nouvelles espèces de bois de rose (Dalbergia sp.) et de bubingas (Guibourtia sp.) ainsi que le kosso (Pterocarpus erinaceus) ont été ajoutés à l’Annexe II de la CITES, ce qui signifie que les déplacements transfrontaliers d’instruments de musique contenant de tels bois doivent être accompagnés des permis CITES requis. Cela a suscité quelques inquiétudes dans l’industrie des instruments de musique, certaines entreprises déclarant qu’elles n’utiliseront plus de tels bois dans leurs produits.

Le Comité pour les plantes de la CITES a proposé des interprétations provisoires des définitions de certains termes utilisés dans les inscriptions, incluant l’interprétation de la locution « non commercial » afin qu’une procédure universellement acceptée permettant de tels déplacements puisse être simplifiée avant que les Parties ne se réunissent à la CoP18, à Sri Lanka, pour passer les définitions en revue.

Progrès réalisés dans la lutte contre le braconnage des éléphants d’Afrique

Les niveaux de braconnage ont régulièrement baissé depuis le pic de 2011, et l’analyse 2016 du programme CITES de Suivi de l’abattage illicite d’éléphants (MIKE) conclut que les tendances globales du braconnage de l’éléphant d’Afrique ont maintenant diminué pendant cinq années consécutives et sont revenues aux niveaux mesurés avant 2008 en Afrique de l’Est. Bien que des progrès aient été réalisés, l’abattage illégal se poursuit à des niveaux élevés, dépassant le taux naturel d’accroissement de la population, et il reste encore beaucoup à faire, en particulier en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest.

Pour en savoir plus : CITES : Baisse du braconnage des éléphants d’Afrique et hausse record des saisies d’ivoire

Processus relatif aux Plans d’action nationaux pour l’ivoire (PANI)

Un rapport préparé pour la CoP17 identifie 27 Parties classées dans les catégories préoccupation principale (9), préoccupation secondaire (9) ou méritant d’être suivies (9). Il s’agit notamment de Parties qui, au moment de la CoP17, participaient déjà au processus des PANI, ainsi que de nouvelles Parties pouvant éventuellement intégrer le processus.

La présente session examinera les progrès de la mise en œuvre des PANI, décidera si d’autres Parties devraient être incluses dans le processus et si de nouvelles mesures sont nécessaires, y compris des mesures pour le respect de la Convention.

Rhinocéros

Le nombre annuel de rhinocéros braconnés en Afrique du Sud a diminué pour la deuxième année consécutive, et le braconnage de ces espèces à l’échelle du continent a légèrement diminué en 2016.

La réduction du braconnage de ces animaux en Afrique du Sud est un signe positif, mais pourrait entraîner une augmentation de l’abattage illégal dans d’autres États de l’aire de répartition, les criminels recherchant des zones où les rhinocéros pourraient être plus faciles à cibler.

Les progrès réalisés par les principales Parties touchées par le braconnage des rhinocéros et le trafic de corne seront examinés lors de la session.

Étude du commerce important

L’étude du commerce important est un mécanisme majeur de respect de la Convention basé sur des éléments scientifiques, qui permet de garantir que le commerce international des 36 000 espèces inscrites aux annexes CITES est pratiqué à un niveau durable sans compromettre la survie des espèces sauvages. Les espèces qui feront l’objet de discussions lors de la session comprennent les hippopotames du Mozambique, les scorpions et les reptiles du Togo, les pythons de Malaisie et les hippocampes de Thaïlande.

Progrès des législations

L’exigence de la CITES demandant à ses 183 Parties d’adopter une législation nationale adéquate pour appliquer et faire respecter la Convention est un exemple de la force unique de ce traité mondial. Le fait qu’une Partie n’adopte pas une législation suffisamment forte pour appliquer la Convention peut entraîner de la part du Comité la prise de mesures de respect, telles qu’une éventuelle recommandation de suspension du commerce de certaines espèces ou de toutes les espèces CITES.

Des progrès encourageants ont été réalisés par un certain nombre de Parties en vue de l’adoption d’une législation renforcée visant à réglementer le commerce légal international des espèces sauvages et à éradiquer le commerce illégal. Depuis la CoP17, 11 pays ont adopté une nouvelle législation et l’ont soumise au Secrétariat CITES pour analyse. La législation de six de ces Parties, à savoir le Chili, la Guinée-Bissau, le Guyana, Israël, le Koweït et le Maroc, a été placée dans la première catégorie de la CITES.

Déplacement transfrontalier de produits d’animaux sauvages issus d’ADN synthétique ou de culture

Le Comité permanent abordera pour la première fois les défis techniques et réglementaires relatifs au contrôle des spécimens produits à partir d’ADN synthétique ou de culture, tels que la corne de rhinocéros, l’ivoire d’éléphant, l’os de tigre et les écailles de pangolin.

La biologie de synthèse – une discipline qui utilise de l’ADN issu d’une synthèse chimique pour créer des organismes qui répondent aux besoins humains – se développe rapidement, avec des milliards de dollars investis chaque année. Un certain nombre d’entreprises et de chercheurs seraient en train de développer, ou auraient développé, par des procédés biogénétiques, des formes de vie et des produits d’espèces sauvages, y compris de la corne et de la poudre de corne de rhinocéros.

Bien que les processus scientifiques permettant l’élaboration de ces produits puissent varier, les produits semblent être génétiquement semblables ou identiques à de la corne de rhinocéros véritable. La manière dont le régime de contrôle du commerce CITES répond aux déplacements transfrontaliers de ces produits fera l’objet d’une réflexion de la part du Comité.

Autres questions

La réunion examinera également la situation des élevages de tigres, des marchés nationaux de l’ivoire et d’autres questions relatives aux espèces sauvages en République démocratique populaire lao, et décidera si les mesures correctives indiquées sont suffisantes ou si d’autres mesures sont requises pour assurer que ce pays se conforme aux exigences de la Convention.

Une grande diversité d’autres espèces, telles que les grands félins d’Asie, le lion d’Afrique, le guépard, les grands singes, le calao à casque rond, les tortues terrestres et les tortues d’eau douce, les rhinocéros, les requins et les raies, sont aussi à l’ordre du jour. Le Comité examinera également les besoins de renforcement des capacités, la lutte contre la cybercriminalité relative aux espèces sauvages, la réduction de la demande, la mobilisation des communautés rurales dans les processus CITES, les introductions en provenance de la mer, les moyens d’existence, le transport des spécimens vivants et l’examen périodique des annexes.

Note aux rédacteurs :

Pour plus d’informations, et pour organiser des interviews, veuillez contacter Liu Yuan au +41 22 917 8130 ou yuan.liu@cites.org

Au sujet de la CITES

Avec 183 Parties, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) reste l’un des instruments les plus puissants au monde pour la conservation de la biodiversité par la réglementation du commerce. Des milliers d’espèces font l’objet d’un commerce international et sont utilisées par l’homme dans sa vie quotidienne pour se nourrir, se loger, se soigner, ainsi que pour l’écotourisme, les cosmétiques ou la mode.

La CITES règlemente le commerce international de près de 36 000 espèces de plantes et d’animaux, y compris de leurs parties et produits, assurant leur survie dans la nature au bénéfice tant des populations locales qui conservent ainsi leurs moyens de subsistance que de l’environnement mondial. Le système de permis CITES a pour but de veiller à ce que le commerce international des espèces inscrites aux annexes CITES soit durable, légal et traçable.

La CITES a été adoptée à Washington D.C. le 3 mars 1973 et est entré en vigueur le 1 juillet. Pour en savoir plus sur la CITES, veuillez consulter www.cites.org ou les pages suivantes :