Programme MIKE de la CITES - 2016 : Le déclin de l’éléphant d’Afrique se poursuit en raison du braconnage

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Programme MIKE de la CITES - 2016 : Le déclin de l’éléphant d’Afrique se poursuit en raison du braconnage

L’ampleur du braconnage reste un risque immédiat pour la survie de l’éléphant d’Afrique : l’étude des tendances globales du braconnages pour 2016 montre que les populations d’éléphants continuent de diminuer sur l’ensemble du continent africain ; ces populations en Afrique centrale et occidentale sont gravement menacées tandis que des améliorations ont été constatées dans quelques zones de l’Afrique orientale.

Genève/Nairobi/New York, 3 mars 2017, Journée mondiale de la vie sauvage  –  Les chiffres, publiés aujourd’hui par le programme MIKE de la CITES (Système de suivi de l’abattage illégal des éléphants), sur l’évolution du braconnage des éléphants d’Afrique en 2016, montrent que l’augmentation régulière des abattages illégaux constatée depuis 2006, qui a culminé en 2011, a été stoppée et stabilisée, mais à des niveaux qui demeurent globalement inacceptables.

Malgré la légère baisse et la stabilisation constatées depuis 2011, le taux de braconnage estimé reste dans l’ensemble supérieur au taux de croissance normal des populations d’éléphants, ou supérieur au seuil de durabilité, ce qui signifie que la population globale d’éléphants a probablement continué de diminuer en 2016.

 

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Comme en 2015, les nouvelles les plus encourageantes proviennent d’Afrique orientale où l’on a constaté en 2016 une amélioration pour la cinquième année consécutive, avec un taux d’abattage illégal inférieur au nombre de morts naturelles signalées. La situation en Afrique orientale en 2016 montre maintenant des niveaux inférieurs à ceux enregistrés dans la sous-région en 2008, avec une diminution du braconnage au Kenya, y compris dans la zone de la réserve Tsavo.

C’est à nouveau en Afrique centrale et occidentale que les niveaux de braconnage les plus élevés ont été constatés. Le niveau général de braconnage reste en deçà du seuil en Afrique australe. Les niveaux de braconnage sont élevés notamment dans les parcs et provinces de Garamba (République démocratique du Congo), Gourma (Mali), Odzala-Koukoua (République du Congo) et Niassa (Mozambique). Selon des reportages, le niveau de braconnage a augmenté alentour et dans le parc national Minkèbè (Gabon) mais le Gabon n’a pas encore fourni les rapports officiels pour 2015 et 2016.

« La survie des populations d’éléphants d’Afrique reste confrontée à une menace immédiate du fait de l’ampleur inacceptable du braconnage pour l’ivoire, en particulier en Afrique centrale et occidentale. Il existe toutefois des signes encourageants, notamment dans certaines parties d’Afrique orientale comme à Tsavo, au Kenya, où la tendance du braconnage est redescendue au niveau pré-2008. Cela montre à tous ce qu’il est possible d’accomplir grâce à des efforts collectifs soutenus et un soutien politique vigoureux », a déclaré John E. Scanlon, Secrétaire général de la CITES.

Lors de la 17e session de la Conférence des Parties à la CITES (CoP17), à Johannesburg en septembre/octobre 2016, le Secrétariat CITES a été invité à œuvrer avec ses partenaires pour l’exécution d’activités centrées sur le soutien à la mise en application de la répression des crimes contre la vie sauvage dans les pays d’Afrique centrale et occidentale. Voir Décisions 17.97-17.100.

Des décisions ont été prises aussi lors de la CoP17 dans le cadre des Plans d’actions nationaux pour l’ivoire (PANI) de la CITES (Décisions 17.70 à 17.82), au sujet de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement illégal en ivoire d’éléphant (précisions ci-après).

Les Parties à la CITES ont rapidement mis en œuvre la décision prise lors de la CoP17 sur la fermeture des marchés intérieurs (Résolution Conf. 10.10 (Rev. CoP17),la China annonçant le 30 décembre 2016 qu’elle allait fermer tous les établissements travaillant l’ivoire ainsi que les magasins de détail d’ici la fin 2017, certains devant être fermés d’ici le 31 mars. Le Secrétaire Général de la CITES se rendra en visite officielle en Chine à la fin du mois de mars pour rencontrer les agences gouvernementales concernées et constater les progrès.

Le programme MIKE de la CITES bénéficie du soutien financier de l’Union européenne avec l’appui du Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).

Plans d’actions nationaux pour l’ivoire (PANI) de la CITES

La CITES a identifié 27 pays lourdement impliqués dans le commerce illégal d’ivoire. Ils sont classés en pays de ‘préoccupation principale (neuf pays et territoires), ‘préoccupation secondaire’ (neuf pays) et ‘méritant d’être suivi’ (neuf pays).

Le Comité permanent de la CITES a examiné les progrès réalisés par les 19 Parties auxquelles il avait été demandé d’élaborer et de mettre en œuvre un Plan d’action national pour l’ivoire (PANI) lors des 66e et 67e sessions du Comité, à Genève en janvier 2016 et à Johannesburg en septembre 2016, respectivement.

Le Comité est convenu que la Chine (dont la RAS chinoise de Hong Kong), le Kenya, les Philippines, la Thaïlande et le Viet Nam, tous pays de ‘préoccupation principale’, ont ‘dans l’ensemble réalisé’ les activités énoncées dans leur PANI et a félicité ces pays pour les progrès accomplis.

Le Comité permanent est convenu que la Malaisie, l’Ouganda et la République Unie de Tanzanie, en tant que pays de ‘préoccupation principale’ n’ont pas encore ‘dans l’ensemble réalisé ' leur PANI et ces pays, tout comme le Cameroun, le Congo et la République démocratique du Congo, l’Égypte, l’Éthiopie, le Gabon, le Mozambique et le Nigeria, en tant que Parties de ‘préoccupation secondaire', et l’Angola, le Cambodge et la République démocratique populaire Lao, en tant que Parties ‘méritant d’être suivies’, ont été avisés de poursuivre les efforts de mise en œuvre de leur NAPI et de faire rapport sur les progrès réalisés à la 69e session du Comité permanent en décembre 2017 à Genève.

Lors de la préparation de la 17e session de la Conférence des Parties (CoP17), tenue à Johannesburg en octobre 2016, la CITES a identifié d’autres Parties à intégrer dans le processus PANI parmi les 27 Parties les plus fortement impliquées dans le commerce illégal d’ivoire. Outre les 19 Parties participant déjà au PANI, le Comité permanent va décider dans les prochains mois si le Malawi, Singapour et le Togo, en tant que nouvelles Parties de ‘préoccupation principale’, le Sri Lanka et l’Afrique du Sud, nouvelles Parties de ‘préoccupation secondaire’, et le Japon, le Qatar et les Émirats arabes unis, nouvelles Parties ‘méritant d’être suivies’, seront invités à participer au processus PANI.

“L’élan engendré ces dernières années s’est traduit par une intensification et un approfondissement des efforts de lutte contre cette criminalité en première ligne, là où cela est le plus nécessaire, de la part des garde-nature sur le terrain, des forces de police et des agents des douanes dans les ports d’entrée et de sortie, et sur les marchés illicites. Ces efforts en première ligne doivent encore être renforcés pour que nous puissions passer d’une stabilisation à une inversion des tendances dévastatrices du braconnage que nous connaissons depuis dix ans. En cette Journée mondiale de la vie sauvage, nous devons atteindre tous les acteurs concernés pour qu’ils jouent leur rôle dans cette entreprise collective,” a ajouté M. Scanlon.

Voir également :

Note aux rédacteurs :

Pour plus d’information, veuillez contacter Liu Yuan: yuan.liu@cites.org, +41 79 652 0108

Au sujet de la CITES

Avec 183 États membres, la CITES reste l’un des instruments les plus puissants au monde pour la conservation de la biodiversité par la réglementation du commerce de la faune et de la flore sauvages. Des milliers d’espèces font l’objet d’un commerce international et sont utilisées par l’homme dans sa vie quotidienne pour se nourrir, se loger, se soigner, ainsi que pour l’écotourisme, les cosmétiques ou la mode.
 
La CITES règlemente le commerce international de près de 35 000 espèces de plantes et d’animaux, y compris de leurs parties et produits, assurant leur survie dans la nature au bénéfice tant des populations locales qui conservent ainsi leurs moyens de subsistance que de l’environnement mondial. Le système de permis CITES a pour but de veiller à ce que le commerce international des espèces inscrites aux annexes CITES soit durable, légal et traçable.
 
La CITES a été adoptée à Washington D.C. le 3 mars 1973.
 
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