Remarques d'ouverture de M. ØysteinStørkersen, Président du Comité permanent à la soixante-sixième session du Comité permanent

Remarques d'ouverture
de M. ØysteinStørkersen, Président du Comité permanent

à la soixante-sixième session du Comité permanent

Genève (Suisse), 11 janvier 2016

Mesdames et Messieurs, chers amis et collègues, permettez-moi tout d'abord de vous présenter mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Je vous souhaite également la bienvenue à tous ici à Genève, à l'occasion de cette 66e session du Comité permanent.

Les préparatifs de cette 66e session ont démarré il y a déjà bien longtemps, aussi bien au sein du Secrétariat que des nombreux groupes de travail et de multiples OIG et ONG. Comme vous le savez, la présente session est la dernière grande occasion de réunir le Comité permanent avant la CoP17 qui débutera en septembre de cette année, en dehors naturellement d'une courte 67e session d'une journée qui se tiendra la veille de la CoP.

Les réunions de cette semaine devront essentiellement porter sur la validation des questions à présenter et à finaliser auprès de notre principal organe décisionnaire : la Conférence des Parties. À l'examen de l'ordre du jour et des documents de la présente session, j'ai pris conscience que, pour diverses raisons, il se pourrait que certains points ne puissent être traités dans les délais, ce qui signifie que le Comité pourra être amené à revoir certaines questions au lendemain de la CoP17, pour les finaliser à la CoP18.

La pertinence de la CITES n'est plus à démontrer et, ces dernières années, nous avons assisté à de très grandes avancées. Si vous m'interrogez sur les réussites qui me semblent les plus remarquables, je vous répondrai spontanément les Plans d’actions nationaux pour l’ivoire (PANI). Innovante et extrêmement probante, cette solution permet en effet de résoudre un problème complexe à multiples facettes. En tant qu'espèce emblématique, les éléphants jouent un rôle important car ils incitent à un plus grand respect de la Convention et au renforcement des mesures prises au plan national, ce qui est assurément une bonne nouvelle pour de nombreuses autres espèces.

La seconde réalisation qui me vient à l'esprit, c'est le fait que la CITES elle-même ait progressivement forgé de solides alliances avec plusieurs autres organisations dans le but d'aider les Parties à mettre en œuvre les dispositions de la Convention et à relever les défis auxquels elles se heurtent en termes de respect. Force est en effet d'admettre qu'à elle seule, la CITES ne peut atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés et que, de toute évidence, des approches et des alliances stratégiques et innovantes sont indispensables.

Troisième grande réussite à mes yeux : les deux résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies; le 30 juillet 2015, l'Assemblée générale a adopté la résolution 69/314 sur la Surveillance du trafic des espèces sauvages. Par la suite, le 25 septembre, elle a adopté la résolution 70/1 intitulée "Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030", assortie des objectifs de développement durable et des cibles y afférentes. La CITES ne pouvait espérer plus grand soutien politique et plus grande attention de haut niveau que le contenu de ces deux grandes résolutions des Nations Unies, lesquelles s'appuient sur les résultats de Rio+20. 

En d'autres termes, la CITES suscite désormais l’intérêt de politiciens au plus haut niveau, ce qui la place dans une situation à la fois nouvelle et exceptionnelle. Pour le dire sans détour : l’heure est venue de permettre aux Parties et au Secrétariat CITES de profiter de ce soutien politique au plus haut niveau pour faire d’immenses progrès en ce qui concerne le plein respect de la Convention. C’est en grande partie l’objet de la présente session et de la prochaine Conférence des Parties, lesquelles se pencheront sur la façon de saisir l’occasion qui nous est offerte de faire mieux respecter la Convention et d’obtenir des résultats concrets au niveau national et, ce faisant, de contribuer à servir l’ambition de ces deux résolutions des Nations Unies et de mettre en pratique les résolutions et les décisions de la CoP.

Au fil de mes six années à la présidence du Comité permanent, j’ai pu apprécier le professionnalisme du Secrétariat et je lui exprime mon plus profond respect. Je pense en effet que nous avons de la chance de disposer d’un Secrétariat aussi dévoué. Notre Secrétaire général, John Scanlon, a rejoint le Secrétariat à peu près à la même époque où j’ai pris mes fonctions de Président et les résultats remarquables qu’il a obtenus ont été salués à la fois par moi-même et par d’autres, notamment le PNUE. Je suis sûr que tous ceux d’entre vous qui le connaissent partagent ce même sentiment. John fait preuve d’un grand discernement et, sur le plan stratégique, il sait comment promouvoir la CITES. Il a ainsi joué un rôle crucial dans l’évolution de la Convention ces dernières années. Toutes les initiatives fructueuses mentionnées précédemment et bien d’autres n’ont pas été le fruit du hasard : elles se sont inscrites dans le cadre d’une stratégie générale et ont été encadrées par John et ses collaborateurs. 

Je ne saurais prétendre que notre mission est entièrement achevée. Comme le montrera la présente session, il reste encore beaucoup de problèmes à résoudre. Les Parties à la CITES et le Secrétariat continueront de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour aider les Parties qui ont du mal à se conformer aux dispositions de la Convention. Parallèlement, nous poursuivrons notre collaboration avec les OIG compétentes qui partagent notre vision et saluerons les initiatives d’ONG et d’autres acteurs. Toutes ces activités devront cependant être menées à bien dans le respect des différents mandats de la CITES et de ses partenaires.

Il convient véritablement de redoubler d’efforts dans plusieurs secteurs, notamment face au fait que de nombreux pays font l’objet de mesures visant à faire respecter la Convention, par exemple des suspensions du commerce, et que d’autres relèvent encore des catégories 2 ou 3 du Projet sur les législations nationales. Plusieurs pays doivent encore élaborer leur législation nationale, tandis que d’autres doivent renforcer leurs bureaux CITES tant en termes de personnel que de moyens financiers. Il convient également de renforcer les contrôles douaniers et policiers et de faire en sorte que la justice inflige des peines appropriées aux auteurs de crimes graves liés aux espèces sauvages. Des solutions peuvent être apportées dans le cadre des processus CITES en cours, à l’aide des nouvelles ressources financières accordées par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et grâce à l’élaboration de Stratégies et plans d’actions nationaux pour la diversité biologique (SPANDB) prévus au titre de la CDB. Déceler les faiblesses et trouver des partenaires et des financements pour y remédier doit être une priorité. C’est le vœu que je forme pour cette nouvelle année!

Pour ce qui est des questions concrètes concernant la présente session du Comité permanent, nous pourrons être amenés à réunir à nouveau plusieurs groupes de travail pour leur permettre d’achever leurs travaux et je vous invite à consulter à ce sujet le document d’information 17 (Rev. 1) qui décrit la composition de chacun de ces groupes. Nous devrons également créer un groupe de travail sur l’élevage en captivité. Ce groupe devra rester d’une taille raisonnable, raison pour laquelle je vous invite à réfléchir à la personne la mieux placée pour défendre votre point de vue au sein de ce groupe car je ne pourrai pas admettre tout le monde. 

Chers collègues, comme indiqué précédemment, nous devons impérativement achever tous les travaux du Comité permanent précédant la Conférence des Parties dans la semaine, sachant que la date butoir pour la remise des documents relatifs à la CoP est fixée au 27 avril. Dans l’hypothèse où l’examen de tel ou tel point ne serait pas terminé, j’en ferai part à la CoP. Je vous invite donc à faire tout votre possible pour que tous les points soient examinés à temps en vue de leur adoption définitive cette semaine. Ce faisant, je vous prie d’accorder une attention particulière à la résolution Conf. 4.6 (Rev CoP16), notamment à la disposition priant d’indiquer un budget et une source du financement pour tout projet de résolution ou de décision ayant des conséquences sur le budget et la charge de travail du Secrétariat ou des comités.

Dans ce contexte, je vous rappelle que toute Partie est en droit de soumettre elle-même une question à la CoP mais qu’elle est également tenue de respecter les délais prévus. Ce pourrait être une solution dans le cas où plusieurs Parties seraient d’avis que telle ou telle question mérite d’être soumise à l’attention de la CoP17 sans avoir reçu l’approbation du Comité permanent. 

Ces cinq prochains jours, comme à l’accoutumée, je travaillerai en donnant la préséance aux membres du Comité permanent, comme l’exige notre Règlement intérieur. Toutefois, vous n’allez pas sans savoir que je suis également attaché à la participation active des observateurs, des OIG et des ONG.

Au vu de la longueur de notre ordre du jour, je suis sûr que vous avez tous conscience que nous risquons de manquer de temps, d’où la nécessité d’optimiser le temps consacré à l’examen des différents points à l’ordre du jour et le nombre de représentants habilités à s’exprimer sur tel ou tel point.

Je vous prie donc de respecter ma demande concernant la durée des interventions et les autres demandes que je pourrai formuler pendant la présente session ; je vous prie par ailleurs de m’excuser par avance de ne pas pouvoir donner la parole à tout le monde mais cela serait impossible compte tenu des délais qui nous sont impartis. Dans ce contexte, j’invite les observateurs des ONG à se concerter au préalable pour établir qui sera le mieux à même de représenter leur point de vue sur les différents points à l’ordre du jour car je ne pourrai pas donner la parole à tout le monde.

Compte tenu de la longueur de notre ordre du jour, nous ne ferons pas de pause café mais, naturellement, nous ferons une pause déjeuner. La séance d’aujourd’hui se terminera à 18h00; je vous prie donc de prendre vos dispositions en conséquence.

Le volume presque inouï de documents et de points à traiter lors de cette 66e session témoigne du travail prodigieux accompli par les différents groupes de travail, par les consultants et par le Secrétariat. Je tiens à remercier chaleureusement chacun d’entre eux pour leur contribution.

Chers collègues, je conclus ces remarques d’ouverture en saluant votre soutien sans faille à la CITES et en vous encourageant à participer aux débats qui auront lieu tout au long de la semaine dans un esprit de collaboration et avec la volonté d’écouter, et de respecter, des points de vue différents. Je tiens également à remercier le Secrétariat pour la qualité des préparatifs de la présente session du Comité permanent, la plus grande jamais organisée.

J’invite à présent notre Secrétaire général, M. John Scanlon, à prendre la parole pour son allocution d’ouverture.

Je vous remercie. 

Øystein Størkersen

Président du Comité permanent de la CITES