La Conférence de la CITES s’apprête à renforcer les règles du commerce des espèces sauvages pour les pêcheries, le bois, les animaux de compagnie exotiques, les éléphants, etc.

 

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

La Conférence de la CITES s’apprête à renforcer les règles du commerce des espèces
sauvages pour les pêcheries, le bois, les animaux de
compagnie exotiques, les éléphants, etc.

Les thèmes à l’ordre du jour sont, entre autres, la criminalité liée aux espèces sauvages, les rhinocéros,
le bois de rose, les anguilles, les requins, les grands félins

Genève, le 7 août 2019 – À l’occasion de la Conférence triennale mondiale de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, à Palexpo, Genève, du 17 au 28 août, les 183 Parties à la CITES se préparent à adopter des décisions et des résolutions qui élargiront et renforceront le régime mondial du commerce des espèces sauvages.  

Les 56 nouvelles propositions soumises par les gouvernements visent à modifier le degré de protection accordé par la CITES aux animaux et aux plantes sauvages qui font l’objet de commerce international. Beaucoup d’entre elles veulent instaurer l’obligation d’obtenir des permis de commerce, dans le cadre d’une inscription à l’Annexe II de la CITES, pour que le commerce d’espèces exposées à des risques reste durable. D’autres recommandent l’interdiction de toutes les transactions commerciales de spécimens d’espèces menacées d’extinction en les inscrivant à l’Annexe I. D’autres encore apportent des preuves qu’une population s’est stabilisée ou a augmenté et peut être transférée en toute sécurité de l’Annexe I à l’Annexe II.

« La CITES fixe les règles du commerce international des espèces de faune et de flore sauvages. C’est un instrument puissant, en mesure d’assurer la pérennité et de réagir à la perte rapide de biodiversité – ce que l’on appelle souvent la sixième crise de l’extinction – en prévenant et inversant la tendance au déclin des populations d’espèces sauvages. Cette année, la conférence se concentrera sur le renforcement des règles et normes en vigueur, tout en élargissant les avantages du régime CITES à de nouvelles plantes et à de nouveaux animaux menacés par les activités humaines » déclare Ivonne Higuero, Secrétaire générale de la CITES.

Mme Higuero ajoute « Il est vital de disposer de règles claires et applicables, fondées sur une science rigoureuse et des politiques efficaces pour protéger nos trésors naturels et atteindre les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030, adoptés par les gouvernements de la planète. Parce qu’elle s’appuie sur la science, qu’elle se veut applicable et pragmatique, la CITES est un acteur essentiel des progrès des efforts internationaux de conservation et d’utilisation durable de notre capital naturel. » 

En mai dernier, le Rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiquesa confirmé qu’à travers le monde, les espèces et les écosystèmes disparaissent rapidement. La surexploitation directe des organismes vivants (chasse, pêche et exploitation forestière non durables ou illégales, notamment) est l’un des principaux facteurs directs du déclin des espèces.

Les nouvelles règles sur le commerce des espèces sauvages qui seront examinées à la18e session de la Conférence des Parties à la CITES (CoP18) concernent une grande diversité de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens, d’arbres et autres plantes. Vingt propositions d’inscription sont le fruit de préoccupations soulevées par l’appétit croissant du commerce des animaux de compagnie exotiques pour les amphibiens et les reptiles charismatiques. La tendance qui consiste à appliquer les règles de la CITES au commerce d’espèces de poissons et d’arbres de grande valeur perdure, tout comme les débats sur les meilleurs moyens de gérer les populations d’éléphants d’Afrique et l’utilisation de leur ivoire. L’abattage illégal de rhinocéros et le commerce de la corne de rhinocéros sont en bonne place sur l’ordre du jour. Les délégués décideront aussi d’exempter ou non des contrôles CITES les instruments musicaux fabriqués avec le bois précieux d’arbres réglementés par la Convention.

Les gouvernements évalueront chaque proposition d’inscription et décideront de l’adopter par consensus ou, si nécessaire, par un vote. Pour cela, ils peuvent analyser les propositions elles‑mêmes mais aussi prendre connaissance du point de vue des organisations officiellement invitées à fournir leurs commentaires en tant que parties prenantes (voir le document ici). Le Secrétariat lui‑même évalue les propositions pour déterminer si elles satisfont aux critères commerciaux et biologiques adoptés, et tient compte des facteurs techniques et scientifiques (voir détails ici).

Renforcer le régime réglementaire du commerce d’espèces sauvages

Outre les 56 propositions d’amendement des annexes de la CITES, la CoP18 a inscrit à son ordre du jour l’adoption d’une stratégie pour les années à venir et l’amélioration de l’efficacité de la Convention au moyen d’accords sur l’interprétation et l’application de ses dispositions. Le document de la Vision de la stratégie CITES pour l’après‑2020,par exemple, sera présenté pour discussion et adoption. Le projet de vision prévoit que « D’ici à 2030, tout le commerce international de la faune et de la flore sauvages est légal et durable, compatible avec la conservation à long terme des espèces, et contribue ainsi à enrayer la perte de diversité biologique. » Il souligne aussi le rôle de la CITES pour la réalisation des Objectifs de développement durable du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  

Le succès de la CITES repose en grande partie sur ses fondements juridiques solides et son régime efficace assurant le respect de la Convention. Lorsqu’il semble que le comportement d’une Partie n’est pas totalement conforme à ses obligations découlant de la Convention, la CITES lui apporte une assistance sur le plan technique et en matière de renforcement des capacités pour rétablir la conformité. Si nécessaire, la CITES peut aussi adopter des mesures de respect pouvant comprendre une recommandation de suspension de tout commerce d’une espèce inscrite ou même de toutes les espèces inscrites à la CITES. Des mises à jour sur ces questions figurent dans les documents Doc. 27 et Doc. 28.

Le commerce international illégal des espèces sauvages menace la survie de nombreux animaux et plantes sauvages tout en compromettant l’économie nationale et les moyens d’existence des populations qui dépendent d’une utilisation durable de ces espèces. La participation de plus en plus fréquente de groupes criminels organisés accroît la complexité des enquêtes et les risques encourus par les agents chargés de faire respecter les lois, notamment les gardes des parcs.

Parmi d’autres thèmes, la conférence traitera de la criminalité liée aux espèces sauvages par l’intermédiaire d’Internet, de l’utilisation des applications de criminalistique, de la corruption, d’un rapport d’évaluation des menaces consacré à la criminalité liée aux espèces sauvages en Afrique centrale et de l’Ouest (Doc. 34) et du stockage et de la gestion des données sur le commerce illégal sur lesquelles repose la prise de décisions. Elle fera également porter son attention sur le renforcement des capacités et l’appui technique fourni aux Parties par le Secrétariat CITES, INTERPOL, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale des douanes, sous les auspices du Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC).  

Certaines Parties estiment que le commerce des espèces qui ne sont pas inscrites aux annexes CITES doit être examiné afin d’évaluer le rôle éventuel que pourrait avoir la CITES dans la gestion de ce commerce. La CoP18 discutera de plusieurs documents qui décrivent les préoccupations liées au commerce d’espèces et de taxons qui ne sont pas actuellement inscrits aux annexes CITES. Il s’agit des bois de rose, des oiseaux chanteurs, des amphibiens, des poissons d’ornement marins, du poisson‑cardinal de Banggai, et de l’encens [non inscrits à la CITES]., 74, 79et 94). Le travail actuel dans le cadre de la Convention sur le bois de rose (Doc. 62), les anguilles (Doc. 63) ainsi que les requins et raies (Docs. 68.1et 68.2) traite à la fois d’espèces inscrites et non inscrites.

Beaucoup d’espèces « sauvages » d’animaux et de plantes inscrites à la CITES sont maintenant élevées en captivité ou cultivées pour le commerce, mais il ne faut pas que ce commerce nuise à la survie des espèces sauvages. La conférence examinera, en conséquence, la question générale du commerce de spécimens d’animaux et de plantes de source non sauvage (Docs 56, 57, 58et 59).

Non seulement les Parties à la CITES relèvent ces défis permanents mais leurs interventions ont abouti à de nombreuses réussites et ont, par exemple permis aux communautés rurales d’améliorer leur revenu ou leur sécurité alimentaire par une utilisation durable et la conservation d’animaux et de plantes sauvages. Des exemples de ces réussites sont publiés sur le site web de la CITES dans de brefs articles sur la vigogne, le crocodile du Nil, le perce‑neige et d’autres espèces.

Enfin, la conférence étudiera comment renforcer le rôle des communautés autochtones, locales et/ou rurales dans les processus décisionnels de la CITES et les moyens de renforcer encore la collaboration avec d’autres conventions relatives à la biodiversité.

Questions spécifiques aux espèces et propositions d’amendement des Annexes I et II

  • Les pangolinssont uniques parmi les mammifères car leur peau est recouverte de grandes écailles protectrices, faites de kératine (la substance constituant les cornes et les ongles). Chassées à l’excès pour leurs écailles, qui sont utilisées en médecine traditionnelle chinoise, les huit espèces ont été transférées de l’Annexe II à l’Annexe I à la CoP17, il y a trois ans. La conférence étudiera toute une gamme de mesures visant à renforcer la conservation de ces animaux en danger (Doc. 75).
  • Le markhor (Proposition no 1) d’Asie centrale est apparenté aux chèvres et aux bouquetins sauvages. Le Tadjikistan propose de transférer l’espèce de l’Annexe I, où elle est inscrite depuis 1975, à l’Annexe II, en argumentant que les populations sont en voie de rétablissement.    
  • La vigogne (Prop. 3et Prop. 4) vit sur les hauts plateaux de la Puna et des Andes, où ses fibres très fines sont recherchées pour le tissage. L’Argentine propose le transfert de la population de la province de Salta de l’Annexe I à l’Annexe II. Le Chili propose un amendement technique à l’inscription de ses populations de vigognes pour mettre à jour les noms des régions de référence. Pour en savoir davantage sur la conservation de la vigogne et le commerce de sa fibre et de ses produits, voir Doc. 91.
    • La loutre cendrée (Prop. 6) vit dans les zones humides qui vont de l’Inde au sud‑est de l’Asie. L’Inde, le Népal et les Philippines proposent de la transférer de l’Annexe II à l’Annexe I en invoquant le risque élevé d’extinction dû au commerce international des animaux de compagnie (ainsi qu’à la perte et la dégradation de son habitat). Le Bangladesh, l’Inde et le Népal invoquent aussi le risque élevé d’extinction pour préconiser le transfert de la loutre d’Asie (Prop. 7) de l’Annexe II à l’Annexe I.
  • L’aloès du Cap(Prop. 55) est une plante médicinale populaire, autrefois inscrite à l’Annexe II pour empêcher la surexploitation. L’Afrique du Sud propose d’amender l’inscription afin de prévoir une dérogation pour les graines ainsi que les produits finis de plantes reproduites artificiellement, en prétendant que cela renforcera les moyens d’existence locaux et simplifiera la délivrance des permis et la lutte contre la fraude.
  • L’Australie propose de transférer le rat architecte (Prop. 14), la souris d’Australie de Field (Prop. 15), le faux rat d’eau (Prop. 16) et le rat à grosse queue (Prop. 17) de l’Annexe I à l’Annexe II. Le pays argumente que ces rongeurs ne sont pas menacés par le commerce mais plutôt par des prédateurs introduits, le feu et la perte d’habitat.
  • Le faisan vénéré(Prop. 18) est recherché pour les plumes décoratives de sa queue (jusqu’à 2,4 m de long) et pour ses œufs. Afin de réduire la contrebande et les incitations au braconnage, la Chine propose de placer l’espèce à l’Annexe II.
  • La grue couronnée (Prop. 19) vit dans les zones humides et les prairies du Sahel et de la savane soudanaise. Préoccupés par le commerce et la perte de l’habitat ayant entraîné le déclin des populations sauvages, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Sénégal proposent de transférer l’espèce de l’Annexe II à l’Annexe I.
  • Parce que la fauvette rousse de l’Ouest (Prop. 20) est considérée éteinte, l’Australie propose de la transférer à l’Annexe II (en la maintenant soumise aux règlements CITES en cas de nouvelle découverte). L’Australie propose un transfert semblable pour la fauvette à long bec (Prop. 21) pour laquelle il n’y a aucune preuve de commerce.
  • Le crocodile d’Amérique (Prop. 22) a été inscrit à l’Annexe I en 1975 en réaction à plus d’un siècle de surexploitation de la peau de l’animal. Le Mexique propose maintenant le transfert de sa population nationale à l’Annexe II pour refléter les progrès accomplis en matière de conservation et d’utilisation durable du crocodile.
  • Le machaonAchillides chikae hermeli (Prop. 47) ne vit que sur l’île de Mindoro, aux Philippines. Les collectionneurs, les naturalistes et les chercheurs le recherchent parce qu’il ressemble étroitement au machaon de Luzon, extrêmement prisé et inscrit à la CITES, avec lequel il peut être confondu. Face aux préoccupations soulevées, les Philippines et l’Union européenne (UE) proposent une inscription à l’Annexe I. Le papillon brésilien Parides burchellanus (Prop. 48), bien qu’il soit principalement menacé par la perte de l’habitat, est également vulnérable au commerce illégal. Des spécimens ont été observés en vente sur des sites web populaires. En conséquence, le Brésil propose de l’inscrire à l’Annexe I.

Grands mammifères charismatiques d’Afrique et d’Asie

  • Les grands félins d’Afrique et d’Asie font face à de nombreuses menaces et notamment, le braconnage et le commerce illégal. La conférence examinera la possibilité de créer une équipe spéciale CITES sur les grands félins pour renforcer les mesures de conservation de ces espèces prestigieuses (Doc. 71.1et Doc. 71.2), en Asie. La conférence consacre également des points de l’ordre du jour aux guépards (Doc. 60) et aux lions (Doc. 76.1et Doc. 76.2) d’Afrique ainsi qu’aux jaguars (Doc. 77.1et Doc. 77.2) d’Amérique latine.
  • Depuis quelques décennies, les populations de girafes (Prop. 5) ont connu un déclin marqué en raison de la perte d’habitat et d’autres pressions. Le Kenya, le Mali, le Niger, la République centrafricaine, le Sénégal et le Tchad proposent d’inscrire la girafe à l’Annexe II par mesure de précaution, pour aider à enrayer le déclin continu de cette espèce.
  • Depuis plusieurs années, lesrhinocéros blancs (Prop. 8et Prop. 9) subissent un braconnage intense pour leur corne. Bien que la population de rhinocéros blancs du Sud de l’Eswatini (l’ancien Swaziland) soit inscrite à l’Annexe II, une annotation empêche actuellement le commerce international de la corne de rhinocéros. L’Eswatini propose de supprimer cette annotation afin de pouvoir vendre un stock existant de 330 kg de corne de rhinocéros puis 20 kg par an obtenus par prélèvement non létal. La Namibie propose de transférer sa population de Ceratotherium simum simum de l’Annexe I à l’Annexe II avec une annotation autorisant uniquement la vente d’animaux vivants à des destinataires appropriés et acceptables et pour les trophées de chasse, tandis que tous les autres spécimens restent à l’Annexe I. Pour en savoir plus sur les travaux de la CITES sur les problèmes que rencontrent les rhinocéros, aussi bien en Afrique qu’en Asie, voir les documents Doc. 83.1et Doc. 83.2.
     
  • Une fois encore, la CoP18 examinera plusieurs propositions sur les éléphants. L’éléphant d’Afrique (Prop. 10, Prop. 11et Prop. 12) a été transféré de l’Annexe II de la CITES à l’Annexe I en 1989, après que des décennies de braconnage de l’ivoire aient fortement réduit de nombreuses populations. En 1997 et 2000, reconnaissant que certaines populations d’éléphants d’Afrique étaient en bonne santé et bien gérées, la conférence a convenu de transférer les populations de l’Afrique du Sud, du Botswana, de la Namibie et du Zimbabwe à l’Annexe II. En 1999, puis en 2008, des ventes de stocks enregistrés d’ivoire appartenant aux gouvernements de ces pays ont été autorisées vers la Chine et le Japon.

 

       La Zambie propose maintenant de transférer sa population d’éléphants de l’Annexe I à l’Annexe II pour autoriser la vente de stocks d’ivoire enregistrés à des acheteurs approuvés par la CITES et pour un commerce spécifié ne concernant pas l’ivoire. L’Afrique du Sud, le Botswana, la Namibie et le Zimbabwe souhaiteraient permettre la vente de stocks d’ivoire enregistrés à des partenaires vérifiés par le Secrétariat ainsi qu’un certain commerce spécifié de produits autres que l’ivoire. Ils proposent de le faire en amendant une annotation qui, bien que leurs populations d’éléphants se trouvent à l’Annexe II, n’autorise actuellement pas le commerce.

 

     Un groupe de 10 pays adopte une approche très différente en proposant que les populations d’éléphants de l’Afrique du Sud, du Botswana, de la Namibie et du Zimbabwe soient transférées de l’Annexe II à l’Annexe I. Ces pays sont le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Kenya, le Libéria, le Niger, le Nigéria, la République arabe syrienne, le Soudan et le Togo.

 

     Pour obtenir des évaluations objectives des tendances du braconnage des éléphants et du commerce illégal de l’ivoire, la CITES a créé le programme de Suivi de l’abattage illégal d’éléphants (MIKE) et le Système d’information sur le commerce de produits d’éléphants (ETIS). Leurs résultats appuient les décisions prises par les Parties en matière de conservation des éléphants et de commerce de l’ivoire. Pour en savoir plus sur MIKE, ETIS et d’autres travaux en cours de la CITES sur les éléphants et l’ivoire, voir les documents Doc. 69.1, Doc.69.2, Doc.69.3,Doc.69.4et Doc.69.5.

 

     Enfin, concernant l’ivoire, la Proposition 13constitue une première à la CITES en appelant à inscrire une espèce éteinte depuis longtemps. Israël propose d’inscrire le mammouth laineux à l’Annexe II, en citant ladite « disposition de ressemblance » pour empêcher le « blanchiment » ou l’étiquetage erroné d’ivoire d’éléphant comme ivoire de mammouth.
 

  • Les efforts de conservation des grands singes figurent aussi à l’ordre du jour de la CoP (Doc. 73).

 

Commerce d’animaux de compagnie exotiques

On considère de plus en plus que le commerce international d’animaux de compagnie non réglementé est une menace pour les espèces colorées et exotiques de lézards, geckos, iguanes, serpents, tortues terrestres et tortues d’eau douce, grenouilles, tritons et araignées. La plupart sont aussi vulnérables à la perte d’habitat et aux changements climatiques et certains sont en outre exploités pour l’alimentation ou la médecine. Le commerce en plein essor de ces petites espèces faciles à passer en contrebande est encouragé en partie par les réseaux sociaux et le commerce électronique. La CITES a déjà inscrit de nombreux oiseaux, mammifères et autres espèces qui sont braconnés pour le commerce des animaux de compagnie, mais un grand nombre de reptiles et d’amphibiens ne sont pas inscrits à la CITES, et leur commerce n’est pas réglementé.     

 

  • Les lézards de jardin (Prop. 23), le lézard à corne (Prop. 24), le lézard pygmée (Prop. 25) et le lézardLyriocephalus scutatus (Prop. 26) sont endémiques de Sri Lanka. Ils sont menacés par le déboisement et le braconnage. Préoccupée par les preuves de contrebande pour le commerce international d’animaux de compagnie exotiques, Sri Lanka propose d’inscrire ces reptiles colorés à l’Annexe I. 
  • Les 13 espèces de geckos léopards (Prop. 27) vivent dans des microhabitats et ne sont pas bien étudiées ; la Chine, l’UE et le Viet Nam proposent d’inscrire les espèces chinoises et vietnamiennes à l’Annexe II. Le gecko tokay (Prop. 28) est un reptile coloré, de grande taille, ayant une vaste aire de répartition entre le sud de la Chine et le sud et le sud‑est de l’Asie ; les États‑Unis d’Amérique, l’Inde, les Philippines et l’UE proposent d’ajouter ce gecko à l’Annexe II. Le gecko à griffes des Grenadines (Prop. 29) est limité à une petite zone de forêt sèche adulte sur Saint‑Vincent-et-les Grenadines, pays qui propose d’inscrire l’espèce à l’Annexe I. Parce que le geckoParoedura androyensis (Prop. 30) est rare et que sa population continue de décliner, Madagascar et l’Union européenne proposent de l’inscrire à l’Annexe II.
  • Les 18 espèces d’iguanes à queue épineuse (Prop. 31) sont réparties dans huit pays, du Mexique à la Colombie. El Salvador et le Mexique estiment que ces iguanes sont menacés par la perte d’habitat et la surexploitation et qu’ils doivent être inscrits à l’Annexe II.
  • La vipère à queue d’araignée (Prop. 32) est confinée à quelques localités des monts Zagros dans l’ouest de l’Iran. Ce serpent « mangeur d’oiseaux » se sert de sa queue qui ressemble à une araignée pour attirer de petits oiseaux convaincus d’avoir trouvé la proie qui leur convient, mais qui sont alors pris au piège dans les crochets venimeux de la vipère. L’Iran propose de l’inscrire à l’Annexe II.
  • La tortue-boîte à front jaune (Prop. 33) est une tortue terrestre de taille moyenne qui vit dans les forêts des collines du centre du Viet Nam et dont les populations connaissent un déclin marqué. La tortue‑boîte à front jaune vietnamienne (Prop. 34) est une tortue terrestre rare limitée aux forêts des versants orientaux du plateau de Langbian dans le sud du Viet Nam. L’émyde d’Annam (Prop. 35) est une tortue d’eau douce qui vit dans les zones humides des plaines d’inondation de trois provinces centrales. Le Viet Nam propose de transférer toutes ces espèces de l’Annexe II à l’Annexe I.
  • La tortue étoilée de l’Inde (Prop. 36) a une carapace aux dessins uniques et spectaculaires qui attire les amateurs ; le Bangladesh, l’Inde, le Sénégal et Sri Lanka proposent de la transférer de l’Annexe II à l’Annexe I. La tortue à carapace molle (Prop. 37) vit en populations fragmentées le long de petites collines rocheuses, dans la savane sèche de certaines régions du Kenya, de la République‑Unie de Tanzanie et de la Zambie ; les États‑Unis d’Amérique et le Kenya proposent de la transférer de l’Annexe II à l’Annexe I. Pour en savoir plus sur les tortues terrestres et les tortues d’eau douce inscrites à la CITES, voir Doc. 88.
    • Les grenouilles de verre(Prop. 38) ont une aire de répartition qui va du sud du Mexique au nord de l’Argentine et se distinguent par leur peau abdominale transparente à travers laquelle on peut voir leurs organes internes. Le Costa Rica, El Salvador et le Honduras proposent d’inscrire 104 espèces de grenouilles de verre à l’Annexe II. Pour en savoir plus sur la conservation des amphibiens, voir Doc. 62.
  • Les tritons épineux(Prop. 39) sont endémiques des collines basses des zones côtières et des régions subalpines de la Chine continentale orientale et sud‑orientale ; la Chine propose de les inscrire à l’Annexe II. Les petites salamandres de Chine (Prop. 40) sont endémiques de Chine et du Viet Nam ; la Chine et l’Union européenne proposent d’ajouter 13 espèces à l’Annexe II. Les salamandres crocodiles (Prop. 41) sont présentes dans toute la Chine et certaines parties de l’Asie du Sud et du Sud‑Est ; la Chine et l’Union européenne proposent une inscription à l’Annexe II.
  • Les araignées ornementales(Prop. 46) sont populaires en raison de leurs coloris et de leur grande taille. Les États‑Unis d’Amérique et Sri Lanka proposent une inscription à l’Annexe II pour plusieurs tarentules ornementales et arboricoles, endémiques de l’Inde et de Sri Lanka.

Pêcheries

  • Ces dernières années, la CITES a inscrit un nombre croissant d’espèces de poissons vulnérables à la surpêche et qui connaissent déjà des déclins de populations. La conférence débattra de l’état des travaux sur les esturgeons et les polyodons (Doc. 61), le napoléon (Doc. 67), les anguilles (Doc. 63), les hippocampes (Doc. 72) et autres espèces marines.

  • À la CoP18, trois nouvelles propositions d’inscription de poissons se concentrent sur la gestion du commerce international des produits de requins, au moyen d’inscriptions à l’Annexe II. Un groupe varié de 27 pays (plus l’Union européenne) proposent l’inscription du requin‑taupe bleu (Prop. 42), qui est un requin migrateur de grande taille et à la nage rapide, que l’on trouve essentiellement dans les zones semi‑tempérées.

  • Un groupe divers de 25 pays (plus l’Union européenne) proposent d’inscrire les guitares de mer (Prop. 43). Un groupe divers de 34 pays (plus l’Union européenne) proposent que la CITES gère le commerce de deux espèces de raies de la famille des Rhinidae(Prop. 44), dont les populations ont connu un déclin rapide là où les données sont disponibles.

  • Les holothuries à mamelles(Prop. 45), type de concombre de mer, font l’objet d’une pêche intensive et de braconnage dans les mers de l’Indo‑Pacifique pour leur grande valeur commerciale et parce qu’elles sont faciles à capturer. Préoccupés par la vulnérabilité des espèces, leur importance pour les écosystèmes et les stocks en diminution dans certaines régions, les États‑Unis d’Amérique, le Kenya, le Sénégal, les Seychelles et l’Union européenne proposent de les inscrire à l’Annexe II.

Espèces d’arbres

  • Le cyprès de Mulanje (Prop. 50) est l’arbre national du Malawi. Son bois blanc jaunâtre est extrêmement résistant à la moisissure, aux insectes et à la pourriture, il est extrêmement recherché. Les bûcherons illégaux l’ont surexploité. Le Malawi propose une inscription à l’Annexe II.
  • La proposition concernant Dalbergia sissoo (Prop. 51) est la seule qui, à la CoP18, recommande de supprimer une espèce des annexes CITES. Le Bangladesh, le Bhoutan, l’Inde et le Népal proposent de supprimer cet arbre dont le bois est utilisé et qui a beaucoup d’autres usages, de l’Annexe II, parce qu’il est abondant et exploité de manière durable. Pour en savoir plus sur les bois de rose, voir Doc. 30.1, Doc. 30.2et Doc. 74.
  • Deux propositions d’espèces d’arbres, une présentée par le Canada et l’Union européenne, pour les bois de rose, les palissandres et les bubingas (Prop. 52), et l’autre par la Côte d’Ivoire et l’Union européenne pour l’Afrormosia outeck d’Afrique (Prop. 53), demandent une clarification technique des inscriptions actuelles. Le Canada et l’Union européenne proposent de préciser, en particulier, que le commerce des bois de rose, palissandres et bubingas dans le but de produire des « instruments de musique finis, des parties finies d’instruments de musique et des accessoires finis d’instruments de musique » ne soit pas couvert par l’inscription à l’Annexe II de ces espèces d’arbres. La Suisse propose d’amender l’inscription actuelle à l’Annexe II du baobab de Grandidier (Prop. 56) en supprimant une référence spéciale à la réglementation de « plantes vivantes » de cette espèce, argumentant que cette précision est superflue car les spécimens vivants de toutes les espèces de plantes inscrites à l’Annexe II sont réglementés par la CITES.
  • Le padouk d’Afrique (Prop. 54) est une espèce de bois de rose que l’on trouve en Afrique de l’Est et australe. Le Malawi, préoccupé par le fait que l’exploitation légale et illégale de l’espèce pour les grumes et le bois scié a entraîné une surexploitation, propose l’inscription à l’Annexe II. Plusieurs États de l’aire de répartition ont déjà imposé des interdictions d’exploitation ou de commerce.
  • L’acajou amer Cedrela odorata(Prop. 57) fournit un bois de grande qualité et de grande valeur économique. La surexploitation, en particulier des meilleurs arbres, réduit les populations ainsi que la diversité génétique. Bien que certaines espèces soient plus particulièrement précieuses, l’Équateur propose d’inscrire toutes les espèces du genre Cedrela à l’Annexe II, car il peut être difficile de les distinguer.

Note aux journalistes :Pour des informations sur la Convention et son fonctionnement, veuillez consulter « Découvrez la CITES » à l’adresse www.cites.org. Pour d’autres informations, veuillez contacter Michael Williams au numéro +41 76 691 0054.ou [email protected].