Intervention du Secrétaire général de la CITES à la Conférence d’Hanoï sur le commerce illégal d’espèces sauvages


Conférence d’Hanoï sur le commerce illégal d’espèces sauvages

Intervention de John E. Scanlon, Secrétaire général de la CITES

Séance plénière

17-18 novembre 2016 – Hanoï, Viet Nam

 

S.E M. Ha Cong Tuan, Ministre adjoint de l’agriculture et du développement rural du Viet Nam,
Messieurs les ministres,
Distingués invités,
Amis et collègues,

Je suis ravi d’être de retour dans la belle ville d’Hanoï.

Le Viet Nam est Partie àla CITES depuis 1994. Il a pris des mesures importantes en faveur de la mise en œuvre de la Convention depuis cette époque.

Au cours des dernières années, le Viet Nam a fait preuve d’un niveau de plus en plus élevéd’engagement dans la lutte contre le commerce illégal d’espèces sauvages, comme le prouve la conférence qui s’est déroulée cette semaine et les évènements qui l’ont accompagnée.

Nous exprimons nos sincères remerciements au Gouvernement et au peuple vietnamiens pour avoir organisécette importante manifestation et pour leur accueil très chaleureux.

Au cours des quelque cinq dernières années, j’ai l’impression que nous avons parcouru un long chemin ensemble pour mettre fin au commerce illégal d’espèces sauvages. Certains nous ont accompagnédès le début et d’autres nous ont rejoint au fil du temps.

Et aujourd’hui, un effort collectif est déployéau niveau mondial pour s’attaquer au commerce illégal d’espèces sauvages et tous les éléments nécessaires ont étémis en place pour combattre efficacement cette forme de criminalitétrès destructive.

Nous sommes témoins d’un soutien politique de haut niveau et d’une coopération internationale et régionale sans précédent –et dans le contexte de ce processus, nous aimerions saluer les efforts déployés par le Gouvernement du Royaume-Uni et la famille royale britannique afin de relever le profil politique de cette grave menace pour les espèces sauvages.

Nous disposons de ressources financières provenant d’un large éventail de sources bilatérales, multilatérales et philanthropiques plus importantes que jamais auparavant pour nous attaquer àce problème.

Et le soutien technique disponible au niveau national pour faire progresser des stratégies ciblées de réduction de la demande, les moyens d’existence alternatifs et une lutte contre la fraude renforcée est beaucoup plus vigoureux.

Si on considère juste la lutte contre la fraude, nous disposons du Consortium international de lutte contre la criminalitéliée aux espèces sauvages, l’ICCWC, qui est aujourd’hui totalement opérationnel et fournit activement un soutien coordonnéau niveau national pour aider les autorités àcombattre les groupes criminels organisés transnationaux. Ce soutien vise notamment àappliquer les mêmes outils et techniques que ceux utilisés pour combattre d’autres infractions pénales graves –qu’il s’agisse du recours àdes méthodes scientifiques modernes, de techniques d’investigation renforcées ou de blanchiment d’argent.

Aujourd’hui, il existe un vaste éventail de décisions vigoureuses sur la manière de combattre le commerce illégal d’espèces sauvages adoptées par l’Assemblée générale des Nations Unies, la CITES, la Commission des Nations Unies pour la prévention du crime, l’Assemblée des Nations Unies sur l’environnement, le FEM, INTERPOL, l’Organisation mondiale des douanes et des organes régionaux àtravers le globe.

En fait, nous avons plus de mandats pour la lutte contre le commerce illégal d’espèces sauvages que nous n’aurions pu l’imaginer il y a encore cinq ans. Ces mandats sont critiques pour orienter, guider et donner des moyens aux États et aux organisations de mener des actions.

Mais ce combat ne se gagnera pas dans une salle de conférence. Il se gagnera ou se perdra sur le terrain, sur la ligne de front. Et la ligne de front a beaucoup de facettes différentes. Elles sont imbriquées les unes dans les autres et toutes exigent notre attention si nous voulons réussir. A titre d’exemple, la ligne de front englobe:

  • Le garde qui patrouille dans le parc national;
  • Le responsable de la CITES qui inspecte le marché;
  • L’officier de police prélevant des échantillons scientifiques et lançant une enquête;
  • Le douanier interceptant un conteneur suspect;
  • Le procureur engageant des poursuites;
  • Le juge imposant une forte peine;
  • Le parlementaire appuyant une législation vigoureuse;
  • L’entreprise de transport informant son personnel et ses clients; et
  • La communautérurale bénéficiant directement d’une entreprise touristique consacrée aux espèces sauvages.

C’est làque se gagnera ou se perdra la bataille. Les gouvernements, les communautés rurales, la sociétécivile, le secteur privé, les personnalités et les médias ont tous leur rôle àjouer pour atteindre notre objectif commun.

Des décisions vigoureuses ont étéprises àla CoP16 de la CITES àBangkok et àla CoP17 àJohannesburg sur la lutte contre le commerce illégal d’espèces sauvages. Lors de la CoP17, qui s’est tenue juste le mois dernier, pour la première fois, des décisions particulières ont étéprises pour lutter contre la corruption, la cybercriminalitéet en faveur de stratégies bien ciblées de réduction de la demande. Des actions tout aussi vigoureuses sont nécessaires aujourd’hui pour les appliquer.

Distingués délégués, tout le soutien politique, financier et technique qui a étéapportéau cours des cinq dernières années doit continuer àconverger vers la ligne de front et se traduire en appui direct pour mettre en œuvre ces décisions.

C’est ce vers quoi nous devons tendre –nous sommes en train d’accomplir des progrès remarquables dans plusieurs secteurs et si nous persistons et déployons ces efforts collectifs nous pourrons mettre fin àla montée du commerce illégal d’espèces sauvages dont nous avons étéles témoins au cours des dernières années.

Merci Monsieur le Président, merci le Viet Nam et merci àvous tous ici présents aujourd’hui pour apporter votre soutien àla survie des espèces sauvages du monde.