Une session de la CITES traite de la contrebande massive d’ivoire d’éléphants et de cornes de rhinocéros

Document non officiel
destiné uniquement aux médias

A sa 62e session, le Comité permanent traitera également des serpents d’Asie,
des grands félins, des grands singes, des espèces marines, des perroquets,
des grenouilles et d’une myriade de plantes

 Genève, le 24 juillet 2012 – Les priorités de la conservation et de la gestion pour une réglementation effective du commerce des animaux et des plantes sauvages durant les années 2013 à 2016 sont au cœur de la 62e session du Comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), qui se tient à Genève du 23 au 27 juillet. Quelque 350 participants venus du monde entier sont présents, notamment des observateurs de Parties, d’organismes intergouvernementaux, du secteur privé et d’organisations non gouvernementales spécialisées dans la conservation des espèces sauvages et le commerce international.

Le Comité permanent de la CITES supervise, au nom de la Conférence des 175 Etats membres de la CITES, l’application des règles du commerce international des espèces sauvages protégées. Cette semaine, il décidera de l’ordre du jour de la prochaine session de la Conférence des Parties, qui se tiendra à Bangkok en mars 2013. Parmi les questions hautement prioritaires qui seront traitée, il y aura celle de l’éléphant, y compris le niveau croissant de l’abattage illégal d’éléphants et la contrebande d’ivoire, et celle d’un mécanisme de prise de décisions pour un processus de commerce de l’ivoire.

Le Comité analysera aussi les causes de l’explosion de la demande de cornes de rhinocéros. Il examinera les progrès accomplis dans la mise en œuvre de mesures visant à réduire la surexploitation des tortues de mer et des tortues terrestres ainsi que de certaines grenouilles et de plantes de Madagascar. Il discutera de la provenance des serpents d’Asie utilisés dans l’industrie du cuir. Les initiatives en faveur de la conservation du tigre, ainsi que le commerce illégal des grands singes, sont aussi inscrits à l’ordre du jour.

“La reconnaissance de l’importance de la CITES à Rio+20 démontre la valeur du travail accompli tous les jours par les milliers d’agents chargés des espèces sauvages pour conserver et utiliser durablement les espèces CITES et leurs habitats. Les difficultés liées à la mise en œuvre de la Convention sont considérables mais nous intensifions nos efforts s’agissant de la lutte contre la fraude, de la loi, de la science et du financement. La CITES est reconnue au plus haut niveau politique, tout comme l’est sa contribution au développement durable, ce qui contribuera à attirer les ressources financières que les Parties à la CITES méritent et dont elles ont besoin pour appuyer la mise en œuvre de leurs engagements au plan national” – a déclaré le Secrétaire général de la CITES, John E. Scanlon.

“Avec les pires niveaux de braconnage d’éléphants et de rhinocéros et de contrebande enregistrés en une décennie, il est clair que des mesures supplémentaires fortes sont requises. 2013 sera une année critique pour l’adoption de meilleures mesures afin de protéger la biodiversité de la planète et garantir une application effective sur le terrain. La présente session contribuera à fixer les priorités et à assurer la survie à long terme des espèces clés que nous voudrions laisser aux générations futures” – a déclaré le Président du Comité, M. Øysten Størkersen.

La conservation des éléphants

Le Comité examinera un nouveau rapport qui analyse les données émanant de quatre sources différentes qui font autorité: le Système CITES de suivi à long terme de la chasse illégale à l'éléphant (MIKE), l’UICN, le Système d'information sur le commerce de produits d'éléphants (ETIS) géré par TRAFFIC, et la base de données sur le commerce CITES gérée par le PNUE-Centre de surveillance continue de la conservation mondiale de la nature (PNUE-WCMC).

Ces sources d’informations qui font autorité ont montré l’existence d’une correspondance très étroite entre les tendances du braconnage d’éléphants et les tendances des saisies d’ivoire à grande échelle, détectant, pour l’essentiel, le même schéma en différents points de la chaîne du  commerce illégal de l’ivoire. Voici les recommandations visant à améliorer la situation qui seront examinées: appliquer rapidement le Pland’actionpour l’éléphant d’Afrique,améliorer le contrôle des marchés intérieurs de l’ivoire, assurer une collaboration plus étroite entre les pays d’Afrique et d’Asie pour lutter contre la contrebande d’ivoire, et mener des actions internationales de lutte contre la fraude coordonnées par le Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC).

Le rapport sur la conservation des éléphants, l’abattage illégal et le commerce de l'ivoire est disponible sous: http://www.cites.org/fra/com/sc/62/F62-46-01.pdf

Le Comité examinera également une étude intitulée Mécanisme de prise de décisions et conditions nécessaires pour unfutur commerce de l’ivoire de l’éléphant d’Afrique, disponible sous: http://www.cites.org/fra/com/sc/62/F62-46-04-A.pdf

Les rhinocéros

Le Comité examinera un rapport sur les utilisations traditionnelles de la corne de rhinocéros. Ce rapport met l’accent sur les cinq marchés de consommation historiques où le commerce intérieur et le commerce international sont interdits: la Chine, Taïwan (Province de Chine), le Japon, la République de Corée et le Viet Nam. Selon ce rapport, la rareté serait le principal facteur, plus que toute valeur intrinsèque ou propriétés de la corne elle-même, ainsi que la richesse qui augmente en Asie de l’Est et du Sud-Est, qui créée un marché pour la corne de rhinocéros.

Le Gouvernement sud-africain a signalé que 281 rhinocéros avaient été abattus illégalement sur son territoire au cours des six premiers mois de 2012, comparés aux 174 tués durant la même période l’an dernier. Le braconnage a considérablement augmenté ces dernières années: 13 rhinocéros ont été braconnés en 2007, 83 en 2008, 122 en 2009, 330 en 2010, et 448 en 2011. Au total, 176 personnes ont été arrêtées en Afrique du Sud depuis janvier 2012, dont 153 braconniers présumés – les autres étant des coursiers, des acheteurs ou des exportateurs.

Le documentaire UNTV/CITES intitulé Rhinos under threat,qui illustre cette question problématique, sera projeté le mardi 24 juillet à 17 h 40, heure de Genève. Ce film enquête sur ce qui pousse à la demande de corne de rhinocéros en Asie et sur les mesures imposantes prises par les autorités nationales pour lutter contre ce délit. Il montre aussi la nécessité d’une réaction forte et coordonnée aux niveaux national et international – travail de terrain, recours aux techniques s’appuyant sur l’ADN, poursuites en justice effectives et sanctions sévères. Il montre également les impacts du braconnage sur les communautés locales.

L’étude du commerce important

Le Comité examinera le niveau des exportations d’une myriade d’animaux et de plantes. Cette “étude du commerce important” est un mécanisme CITES unique mis en place pour vérifier si les espèces sont commercialisées à des niveaux durables. Parmi les cas examinés, il y a les derniers développements encourageants en matière de gestion de tortues terrestres en Ouzbékistan, et d’amphibiens et de plantes à Madagascar. D’autres cas concernent, par exemple, le perroquet gris d’Afrique, et les tortues de mer et les tortues terrestres en République démocratique populaire lao.

De plus, le Comité analysera les failles dans la lutte contre la fraude menée dans plusieurs pays et examinera les mesures appropriées. Il envisagera des solutions de financement innovantes, y compris l’accès au financement par le FEM et la création d’un fonds de capitaux propres. Il examinera l’application de la Convention pour les établissements d’élevage en captivité et en ranch (notamment de crocodiles du Nil à Madagascar et d’oiseaux des Iles Salomon). Il discutera des propositions faites pour une interprétation et une application uniformes de l’expression “introduction en provenance de la mer”. Il évaluera le statut des lois sur l’application de la CITES. Enfin, il examinera la soumission des rapports nationaux par les Parties sur le commerce CITES.

Note aux journalistes: Pour plus d’informations, contacter Juan Carlos Vasquez au numéro +41 22 917 8156 ou 41 79 5522732 ou à l’adresse courriel juan.vasquez@cites.org.

Pour consulter les documents officiels et avoir d’autres informations, voir sous: http://www.cites.org/fra/com/sc/62/index.php

La liste des membres du Comité se trouve sous: http://www.cites.org/fra/com/sc/member.php

Au sujet de la CITES

Avec ses 175 Etats membres, la CITES reste l’un des outils les plus puissants qui soient pour la conservation de la biodiversité par la réglementation du commerce de la faune et de la flore sauvages. Des milliers d’espèces font l’objet d’un commerce international et sont utilisées par l’homme dans sa vie quotidienne pour se nourrir, se loger, se soigner, ainsi que pour l’écotourisme, les cosmétiques ou la mode.

La CITES règle le commerce international de près de 35.000 espèces de plantes et d’animaux, et de leurs parties et produits, assurant leur survie dans la nature tout en procurant des bénéfices aux populations locales pour leurs moyens d’existence et pour l’environnement mondial. Le système de permis CITES cherche à garantir un commerce international des espèces inscrites aux annexes CITES qui soit durable, légal et traçable.

La CITES a été adoptée à Washington le 3 mars 1973. Le 40e anniversaire de la Convention sera célébré en mars 2013 au moment de la 16e session de la Conférence des Parties qui se tiendra à Bangkok (Thaïlande) du 3 au 15 mars 2013.

Pour en savoir plus sur la CITES, aller sous www.cites.org ou se connecter à:

www.facebook.com/CITES
www.twitter.com/citesconvention
www.youtube.com/citesvd
www.flickr.com/cites

Concernant l’accréditation des médias pour la 62e sessiondu Comité permanent de laCITES: contacter le bureau des accréditations de l’ONU à Genève

Par courriel: accreditation-media@unog.ch, par fax: 41(0)22 917 0073 ou par tél.: +41 (0)22 917 4359 ou +41 (0)22 917 2336

Toutes les informations sur l’accréditation peuvent être consultées en ligne au lien suivant:

http://www.unog.ch/80256EDD006B9C2E/(httpPages)/70991F6887C73B2280256EE700379C58?OpenDocument

 

Pour consulter les communiqués de presse précédents, aller sous Archives.