La CITES étend les contrôles du commerce à 111 essences de feuillus précieuses de Madagascar et de Panama

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Genève, 28 septembre 2011 – Le Gouvernement de Madagascar et le Gouvernement de Panama ont demandé au Secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) d’inscrire 111 essences de feuillus à l’Annexe III de la CITES pour tenter de mettre fin à la recrudescence du commerce illégal du bois en permettant la vérification de l’origine légale selon les normes CITES.

L’inscription des espèces donnant du bois d’ébène et du bois de rose à l’Annexe III de la CITES contribuera à la détection des fraudes et donnera accès, aux pays d’exportation et d’importation, à des informations vitales sur le commerce. Au titre des règlements de l’Annexe III de la CITES, tous les envois transfrontaliers doivent désormais être autorisés par la délivrance d’un document certifiant l’origine des produits couverts par l’inscription.

Madagascar a demandé à la CITES d’inscrire cinq espèces donnant du bois de rose (genre Dalbergia) et 104 espèces donnant de l’ébène (genre Diospyros), le commerce illégal ayant augmenté de 25% en 2009 avec environ 25.000 m3 de bois de rose exportés. Le bois de rose est recherché pour sa dureté et sa couleur brun-rouge intense; il est beaucoup utilisé pour la fabrication de meubles et d’instruments de musique de luxe ainsi que pour l’ébénisterie de haut de gamme. A l’avenir, tout le commerce international des grumes, des bois sciés et des placages provenant des espèces inscrites devra être accompagné de documents CITES confirmant le pays d’origine.

Dalbergia retusa

Panama a également demandé l’aide des 174 Etats membres de la CITES pour contrôler le commerce de ses populations nationales de Dalbergia darienensis et Dalbergia retusa, connues sous l’appellation ‘cocobolo’. On trouve Dalbergia retusa du Mexique au Panama, essentiellement dans la forêt tropicale sèche. Seul le bois de cœur des espèces du genre Dalbergia donne du bois de qualité. Le cocobolo est exceptionnellement adapté aux usages marins. Parce qu’il est dur, beau et très stable, il sert aussi à fabriquer des poignées de fusils, des talons de queues de billard et des pièces de jeu d’échec. Les couteaux de cuisine au manche en cocobolo peuvent être plongés dans l’eau pour de courtes périodes sans risquer de distorsion et n’ont pas besoin de traitement chimique. Ce bois précieux est aussi utilisé pour faire des coffrets à bijoux, de la marqueterie et du placage, des manches de brosses à cheveux de grande qualité et des boules de bowling. Le cocobolo résonne quand on le frappe ce qui en fait une matière de prédilection pour la fabrication des marimbas, des clarinettes et des xylophones.

Se félicitant des nouvelles inscriptions qui entreront en vigueur le 22 décembre 2011, le Secrétaire général de la CITES, John Scanlon, a déclaré: “La CITES soutiendra les efforts déployés par Madagascar et Panama pour contrôler leur commerce de bois et faire en sorte qu’il reste légal et traçable. La réglementation du commerce de ces espèces donnant du bois de grande valeur dans le cadre de la CITES aidera à garantir que les avantages du commerce reviennent aux populations locales et servira la communauté mondiale en contribuant à la conservation de ces espèces, dans l’intérêt d’écosystèmes tout entiers." M. Scanlon a ajouté: "Ces décisions sont le reflet de la confiance que les Etats placent de plus en plus en la CITES pour gérer leurs précieuses forêts. Elles sont particulièrement bien venues en cette Année internationale des forêts décrétée par l’Organisation des Nations Unies”.

Informations sur le commerce des espèces donnant du bois

Il est de notoriété publique que les forêts tropicales subissent les graves pressions de l’exploitation du bois et du défrichement pour d’autres usages. La FAO estime que nous avons perdu plus de 0,8% de nos forêts tropicales, chaque année, entre 1980 et 1990. De 1990 à 2000, le recul annuel de la couverture forestière dans de nombreux pays tropicaux est resté considérable, dépassant, bien souvent, 1% par an.

Il y a relativement peu de temps que la CITES s’applique aux espèces donnant du bois. Toutefois, les exploitants écumant jusqu’aux dernières parcelles de forêts pour extraire sélectivement les arbres de grande valeur, des voix se sont élevées pour demander un meilleur contrôle et l’on considère, de plus en plus, que la CITES a un rôle important à jouer en la matière. Les Etats membres de la CITES ont déjà convenu d’inscrire à l’Annexe II l’acajou à grandes feuilles d’Amérique latine, le ramin d’Asie du Sud-Est et l’afromosia d’Afrique.

Toute Partie à la Convention peut inscrire à l’Annexe III toutes les espèces qui, sous sa juridiction, font l’objet d’une réglementation aux fins de prévenir ou de limiter l’exploitation et lorsqu’elle a besoin de la coopération des autres Parties pour en contrôler le commerce. L’inscription à l’Annexe III se fait à la demande expresse de l’Etat d’origine et ne nécessite pas de consensus ni de vote à la majorité des deux tiers de la Conférence des Parties.

Note aux éditeurs: Pour d’autres informations, veuillez contacter Juan Carlos Vasquez à +41 22 917 8156 ou 41 79 552 27 32 (mobile) ou juan.vasquez@cites.org

 


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