La CITES à la recherche de nouvelles sources financières pour venir à bout du déclin des espèces sauvages

Document non officiel
destiné uniquement aux médias

Le braconnage des rhinocéros et des éléphants, le commerce des espèces produisant du bois,
la viande de brousse sont aussi à l’ordre du jour

Genève, 16 août 2011 – La recherche de solutions financières novatrices pour aider les pays à réglementer efficacement le commerce des espèces sauvages occupera une place de choix à la 61e session du Comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) qui aura lieu à Genève cette semaine (du 15 au 19 août). Quelque 300 participants sont attendus du monde entier, notamment des observateurs de Parties, d’organisations intergouvernementales, du secteur privé et d’organisations non gouvernementales spécialisées.

En haut: (de gauche à droite) M. John Scanlon, Secrétaire général de la CITES, M. Øystein Størkersen, Président du Comité permanent CITES et M. Jonathan Barzdo, Secrétariat CITES
En bas: Lieu où se dérouleront les séances plénières de la 61e session du Comité permanent (cliquez pour agrandir)

Le Comité permanent CITES supervise la mise en œuvre des règles du commerce  international de plus de 34 000 espèces entre chaque réunion triennale des 175 Etats Membres de la CITES. Tout en haut de l’ordre du jour sont inscrites les questions concernant les nouveaux mécanismes financiers, la conservation des éléphants, les mesures visant à réduire les niveaux actuels de braconnage des rhinocéros, le tigre et autres grands félins, l’acajou et autres espèces donnant du bois, l’esturgeon et le commerce du caviar, et l’origine des peaux de reptiles utilisées dans l’industrie du cuir.

“Il faut des solutions financières innovantes pour accomplir l’énorme tâche de conservation qui est devant nous” a déclaré le Secrétaire général de la CITES, John E. Scanlon. “Avec près de sept milliards d’êtres humains qui consomment, chaque jour, la biodiversité sous forme de médicaments, d’aliments, de vêtements, de meubles, de parfums ou d’articles de luxe, une CITES forte est encore plus utile et nécessaire aujourd’hui que jamais. Il est crucial de renforcer la coopération avec d’autres organisations et initiatives si l’on veut combler le fossé financier entre les coûts d’application efficace des règlements CITES,  les ressources actuellement attribuées et les services fournis aux parties prenantes”, a-t-il ajouté.

“La CITES est un des instruments de conservation de la nature les plus importants du monde parce qu’elle opère dans un contexte très focalisé et très pratique, au niveau de chaque pays. Cependant, par sa nature opérationnelle, il se peut que la CITES soit déconnectée d’autres activités et processus liés et qu’elle ne soit pas dans le cadran supérieur de l’écran-radar politique, ce qui a des incidences négatives sur le flux de ressources pour la Convention. Les difficultés d’application sont énormes et il est grand temps de s’assurer que la  CITES figure tout en haut de l’agenda politique et attire le niveau de ressources qu’elle mérite et dont elle a besoin" a plaidé le nouveau Président du Comité permanent, M. Oystein Storkersen (Norvège).

Conservation des éléphants

Le Comité examinera des conclusions récentes concernant les éléphants d’Afrique et d’Asie, les taux de braconnage et le commerce illégal de l’ivoire. Selon un rapport, préparé par le programme  CITES pour le suivi à long terme de la chasse illégale à l’éléphant (MIKE) 2010 a vu les taux de braconnage des éléphants les plus élevés depuis 2002, l’Afrique centrale étant la région la plus préoccupante. L’analyse MIKE conclut également que la pauvreté et la mauvaise gouvernance sont les principaux facteurs d’influence sur le braconnage des éléphants avec la structure de la consommation en Chine. Le Comité examiner des mesures ciblées pour renforcer les contrôles sur le commerce de l’ivoire tout au long de la chaîne du commerce illégal, dans certains pays clés d’Asie et d’Afrique, et pour améliorer la sensibilisation sur les marchés d’Asie et dans les pays de transit.

Autres mesures importantes susceptibles de contribuer à la conservation des éléphants:
la création récente d’un ‘Fonds pour l’éléphant d’Afrique’ en vue de financer un plan d’action exhaustif pour l’éléphant d’Afrique et la proposition de création d’un comité d’experts des éléphants.

Rhinocéros

Le Comité examinera le braconnage des rhinocéros et le commerce illégal de leur corne. Selon un rapport soumis par le Gouvernement de l’Afrique du Sud, 174 rhinocéros ont été tués illégalement dans ce seul pays dans les six premiers mois de 2011. Cela signifie que dans ce pays, le niveau de braconnage a augmenté de manière spectaculaire ces dernières années: 13 rhinocéros braconnés en 2007, 83 en 2008, 122 en 2009 et 330 en 2010. Au total, 122 braconniers présumés ont été arrêtés en Afrique du Sud depuis janvier 2011 dont 60 dans le parc national Kruger, l’aire protégée qui a subi les pertes les plus sévères.

Les rhinocéros, et en particulier les populations de la République démocratique du Congo, de l’Inde, du Mozambique, du Népal, de l’Afrique du Sud et du Zimbabwe, souffrent toutes du braconnage. Il semble que le commerce illégal de la corne de rhinocéros soit le moteur du braconnage. Le commerce illégal comprend l’utilisation frauduleuse de documents CITES, l’utilisation abusive de la chasse légale au trophée et l’utilisation de services de courrier pour envoyer des cornes en contrebande d’Afrique australe en Extrême-Orient.

Avec l’aide des contrôles CITES sur le commerce, le nombre de rhinocéros, notamment en Afrique, n’a cessé d’augmenter depuis le début des années 1990. Cette tendance est aujourd’hui menacée par la recrudescence de la demande et, en conséquence, l’augmentation des niveaux de braconnage.

Acajou

Le Comité examinera et discutera aussi de l’origine légale de l’acajou à grandes feuilles des Etats de l’aire de répartition d’Amérique latine. De nouveaux systèmes d’information sur les espèces donnant du bois seront envisagés pour garantir un prélèvement durable et un commerce légal et traçable.

Enfin, le Comité déterminera les indicateurs pour une nouvelle Vision de la stratégie de la Convention, étudiera des solutions financières innovantes, éclaircira les règles sur l’introduction d’espèces marines en provenance des eaux internationales, se penchera sur les relations entre la mise en œuvre de mesures de conservation des espèces sauvages et les moyens d’existence des populations rurales démunies et examinera des systèmes de délivrance informatisée des permis pour obtenir une réglementation plus efficace du commerce international des espèces sauvages.

Note aux journalistes:

Pour d’autres informations, contactez Juan Carlos Vasquez:  +41 22 917 8156 ou 41 79 552 27 32 (mobile) ou juan.vasquez@cites.org.

Pour les documents officiels et autres informations, voir: http://www.cites.org/fra/com/sc/61/

Vous pouvez consulter la liste des membres du Comité à l’adresse: http://www.cites.org/fra/com/sc/member.php

Vous pouvez écouter deux entretiens du Secrétaire général de la CITES à la radio:

http://www.unmultimedia.org/radio/english/2011/08/conservation-talks-launched-to-save-endangered-wildlife/

http://www.unmultimedia.org/radio/english/2011/08/the-politics-behind-saving-our-species/

 


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