De nouveaux outils informatiques pour la conservation des espèces sauvages présentés lors d’une réunion de la CITES


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COMMUNIQUE DE PRESSE

De nouveaux outils informatiques pour la conservation des espèces sauvages
présentés lors d’une réunion de la CITES

Egalement à l’ordre du jour: les rhinocéros, les nouveaux partenariats pour le tigre,
la gouvernance des forêts et la prochaine Conférence des Parties à la CITES


Genève, le 6 juillet 2009 – un manuel wiki permettant d’identifier plus de 33.000 espèces, l’utilisation de codes-barres sur les peaux d’alligators et de crocodiles, le profilage de l’ADN pour déceler les produits de la faune sauvage, le suivi de l’e-commerce de spécimens de la faune sauvage, la délivrance informatisée des permis, et les systèmes de dédouanement informatisés sont parmi les technologies innovantes qui seront présentées à la 58e session du Comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) qui se tient à Genève jusqu’au 10 juillet.

Quand la Conférence des 175 Parties à la CITES n’est pas en session, le Comité permanent de la CITES supervise l’application des règles du commerce en vue du rétablissement de 892 espèces d’animaux et de plantes sauvages menacées d'extinction et de l’utilisation durable de 33.000 autres espèces. Le commerce international de millions de produits contenant des ingrédients provenant de ces espèces est également réglementé par la Convention et suivi par le Comité permanent.

Quelque 250 participants venus du monde entier participeront à la session, représentant notamment des gouvernements, des organismes intergouvernementaux, les milieux d’affaires, et des organisations non gouvernementales spécialisées dans la conservation des espèces sauvages.

Le Comité sera informé sur des systèmes de délivrance informatisée des permis permettant de suivre plus efficacement le commerce international des produits d’espèces sauvages. Il abordera les causes et les modalités de l’intensification du braconnage des rhinocéros en Afrique australe, les nouveaux partenariats pour le tigre , les volumes d’acajous coupés et exportés d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, et les initiatives prises pour faire participer les communautés locales à la conservation du faucon sacré en Mongolie. Enfin, il examinera un rapport sur l’utilisation des recettes générées par les ventes d’ivoire en une fois réalisées l’an dernier.

“L’on ne peut protéger les espèces des pressions actuelles sans utiliser les technologies de pointe qui sont à notre disposition” – a déclaré M. Willem Wijnstekers, Secrétaire général de la CITES. “Le recours croissant à l’informatique dans la réglementation du commerce des espèces sauvages et la traçabilité de leurs produits marque l’entrée de la CITES dans une ère nouvelle” – a-t-il ajouté.

Braconnage des rhinocéros en Afrique australe

Le b raconnage des rhinocéros et le commerce illégal de leurs cornes utilisées en médecine traditionnelle sont parmi les activités criminelles auxquelles la Convention est confrontée, et qui sapent les 20 ans d’action menée en faveur de la conservation en Afrique australe . Les cas détectés de contrebande de cornes de rhinocéros d’ Afrique vers l’ Asie montrent que les réseaux criminels recourent à des techniques sophistiquées, à la corruption et à l’abus de l’immunité diplomatique, pour perpétrer leurs crimes. Le b raconnage de ces animaux est très dangereux; cette année seulement, plusieurs b raconniers ont été tués lors d’é changes de coups de feu avec des patrouilles de services des parcs et de la faune sauvage .

L’an dernier, le Comité permanent a décidé de créer une équipe spéciale CITES sur les rhinocéros, composée de cadres chargés de la lutte contre la fraude de divers pays, et de représentants d’Interpol et de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime. Cette année, le Comité en examinera les recommandations et envisagera de nouvelles mesures pour protéger ces animaux. Bien que les populations de rhinocéros aient augmenté dans les années 1990, l’intensification récente du b raconnage et du commerce illégal menace sérieusement leur survie dans certains pays. L’on estime que plus de 200 rhinocéros ont été tués en Afrique australe l’an dernier.

Nouveaux partenariats pour le tigre

Le Secrétaire général de la CITES et son personnel ont coopéré étroitement avec la Banque mondiale et des organismes de conservation à mettre au point une approche intégrée pour la conservation du tigre. Cette année, lors d’une réunion entre M. Wijnstekers et le président de la Banque mondiale, M. Robert Zoellick, la CITES a été priée d’élaborer une stratégie anti- b raconnage pour contribuer à l’action collective menée à long terme pour conserver le tigre.

Alors qu’il y avait autrefois plus de 100.000 tigres en Asie, maintenant, il n’y en a plus que de petites populations totalisant pas plus de 4000 individus. Il y a bien plus de tigres en captivité que dans la nature. En dépit de décennies d’efforts et de millions de dollars dépensés dans des projets de préservation, le tigre s’approche toujours plus de l’extinction. Si la perte d’habitat et la diminution du nombre de ses proies ont contribué au déclin de ses populations, le b raconnage et le commerce illégal restent des menaces importantes. Les peaux sont vendues pour la décoration ou comme vêtement traditionnel dans certaines régions de l’Extrême-Orient, et les os et d’autres parties du corps sont utilisés dans des médecines traditionnelles a siatiques. Des tigres sont également tués parce qu’ils s’attaquent aux hommes et au bétail.

Le commerce intérieur de parties et de produits du tigre est interdit dans le monde depuis la fin des années 1990 mais certains experts doutent que ce soit la bonne approche. Comme le tigre s’élève très facilement en captivité, l’argument de “l’élevage en ferme” pour approvisionner une demande relativement peu élastique a été avancé. D’autres arguent que ce commerce faciliterait le blanchiment de tigres braconnés dans la nature. Concevoir de nouvelles stratégies pour conserver le tigre implique de tenir compte des points de vue et intérêts nombreux et divers, fondés sur des facteurs biologiques, socio-économiques et culturels.

Légalité de l’origine des bois tropicaux

Le Comité examinera le volume du commerce et les systèmes de vérification actuels appliqués à l’acajou et aux autres espèces de bois tropicaux. Dans la Convention, le pays d’exportation a l’obligation de déterminer si le bois devant être exporté a été acquis dans le respect des lois nationales et du droit international. La validité des lois sur la foresterie, le rôle des accords de promotion du commerce et le recours à des systèmes innovants pour distinguer le bois d’origine illégale du bois obtenu légalement, sont également des éléments à considérer.

Autres questions

Le Comité examinera un rapport sur l’utilisation des 15 millions d’USD générés par la vente de 102 t d’ivoire à la fin de 2008. Les pays de l’ Afrique australe ont indiqué que les recettes ainsi générées (trois fois le budget annuel de la Convention) seront utilisées exclusivement pour la conservation de l’éléphant et des programmes de développement communautaires dans les aires à éléphants ou à proximité. Le prix moyen payé a été de 157 USD le kg, considérablement inférieur au prix atteint l’an dernier sur le marché illégal (1800 USD).

Par ailleurs, le Comité donnera des orientations sur l’interprétation des critères utilisés pour inscrire les espèces aux annexes CITES, notamment les espèces marines. Ces orientations auront un impact à long terme sur les propositions que les Parties pourront soumettre pour ajuster les règles du commerce des espèces sauvages. Les pays voteront pour accepter, rejeter ou modifier les propositions soumises à cet effet à la 15 e session de la Conférence des Parties, qui aura lieu en 2010. Des dispositions concernant cette Conférence seront également examinées à la présente session.

La session examinera enfin les rapports sur le commerce des espèces sauvages et l’application de la CITES dans les six régions de la Convention – Afrique, Amérique centrale et du Sud et Caraïbes, Amérique du Nord, Asie, Europe et Océanie –, ainsi que les résultats d’un atelier sur l’examen des politiques relatives aux espèces sauvages organisé pour les 22 Etats membres de la Ligue arabe.

Note aux journalistes

 

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