Avec l'anguille, la CITES s'attaque à un problème glissant


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COMMUNIQUE DE PRESSE

Avec l'anguille, la CITES s'attaque à un problème glissant

Genève, le 13 mars 2009 – Les 174 pays Parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) commencent aujourd’hui à réglementer le commerce international de l’anguille européenne (Anguilla anguilla).

L’anguille européenne est un poisson longiforme qui constitue un mets de choix très apprécié dans la plupart des pays d’Europe. Elle est largement répartie dans les zones côtières et les eaux douces d'Europe et dans le bassin méditerranéen et se reproduit dans la mer des Sargasses, dans les Caraïbes. Ce poisson peut atteindre exceptionnellement 1,5 m de long. Ses larves dérivent en mer pendant un à trois ans avant d’atteindre les côtes de l’Europe et de la Méditerranée. On appelle “civelle” la jeune anguille au premier stade post-larvaire. Après maturation dans les estuaires ou les eaux douces, les anguilles migrent jusqu’à la mer des Sargasses où elles se reproduisent avant de mourir. L'on n'a pas réussi à les faire se reproduire en captivité.

Les anguilles plus âgées sont pêchées pour leur chair mais les civelles sont pour la plupart pêchées vivantes et engraissées dans des établissements aquacoles d’Europe, et surtout d’Asie, jusqu’à ce qu’elles atteignent une taille marchande. La moitié des anguilles pêchées en Europe – soit, ces dernières années, plus de 200 millions d'anguilles par an – sont exportées en Chine, au Japon et en Corée pour y être engraissées.

D’après des estimations non officielles, dans les années 1990, quelque 30.000 t d’anguilles ont été pêchées chaque année pour une valeur marchande initiale de 200 millions d’EUR; en Europe, plus de 20.000 personnes tirent des recettes substantielles de cette pêche. Depuis, les prises ont chuté à quelque 5000 à 10.000 t mais les prix ont beaucoup augmenté, créant une forte incitation à continuer la pêche malgré la diminution du nombre d'anguilles.

“Les anguilles n'offrent plus comme avant un spectacle familier dans les eaux de l'Europe et des Caraïbes” – notait Willem Wijnstekers, le Secrétaire général de la CITES. “Un grand nombre de personnes tirent un revenu substantiel de la pêche à l'anguille; d'autres travaillent dans l'aquaculture où ces poissons atteignent une taille marchande. Tout cela sera compromis si la pêche à l'anguille européenne ne devient pas plus durable” – a-t-il ajouté. “En ce qui concerne l’anguille européenne, la CITES ne peut pas se permettre d'échouer.”

La surpêche, la perte d'habitat, la pollution, les barrages sur les rivières et le changement climatique qui affecte les courants océaniques ont tous contribué au fort déclin des populations d'anguilles. On estime que le stock de juvéniles a diminué de 95 à 99% depuis 1980. Quoi qu'il en soit, les anguilles ont un taux de survie naturellement élevé, de sorte que leurs populations pourraient se rétablir à condition de pêcher moins de jeunes anguilles.

Les nouvelles mesures de la CITES qui prennent effet aujourd’hui contribueront à rétablir une pêche durable à l'anguille européenne. A l'avenir, toutes les exportations devront être assorties d'un permis d’exportation qui ne sera délivré qu'après confirmation par des scientifiques des pays d’exportation que le niveau du commerce ne nuira pas à la survie de l'espèce et que l'anguille européenne sera maintenue dans toute son aire de répartition à un niveau de population conforme à son rôle dans l'écosystème.

Les pays d’exportation devront réévaluer leur gestion des pêcheries d'anguilles afin de remplir les conditions requises pour autoriser l’exportation. Les pays d’importation joueront leur rôle en veillant à ce que toutes les anguilles importées soient assorties du permis d’exportation CITES requis.

Note aux journalistes: Voir un document sur les anguilles sur le site web de la CITES.

Pour plus d’informations, contacter Juan-Carlos Vasquez à +41-22-917-8156 ou juan.vasquez@cites.org.

 

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