Des pays proposent de nouvelles règles pour le commerce de douzaines d'espèces sauvages par le biais de la CITES


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COMMUNIQUE DE PRESSE

Des pays proposent de nouvelles règles pour le commerce de douzaines d'espèces sauvages par le biais de la CITES

Genève, le 12 mai 2004 – Le Secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) a reçu plus de 50 propositions d'Etats Parties à la Convention visant à réglementer le commerce international de diverses espèces sauvages.

Les propositions présentent des arguments détaillés sur la manière d'améliorer la conservation et l'utilisation durable de l'éléphant d'Afrique, du petit rorqual, du grand requin blanc, de divers oiseaux tropicaux, d'arbres, d'orchidées, de nombreuses espèces de tortues, du rhinocéros blanc du sud, de deux espèces de crocodiles, de l'aigle chauve, de plusieurs plantes médicinales et de bien d'autres espèces.

Les gouvernements accepteront, rejetteront ou modifieront ces propositions d'amendement des annexes CITES lors d'une conférence qui se tiendra à Bangkok du 2 au 14 octobre. Les annexes sont des listes d'espèces à risque dont l'importation et l'exportation sont contrôlées par un système de permis (Annexe II) et d'espèces déjà menacées d'extinction, qui ne peuvent pas faire l'objet de transactions commerciales (Annexe I).

L'éléphant d'Afrique figure régulièrement sur l'agenda de la CITES. Après l'interdiction du commerce international de l'ivoire prise en 1989, la CITES a autorisé des ventes en une fois en 1997 et en 2002. Les ventes de 2002 réalisées par l'Afrique du Sud (30 t), le Botswana (20 t) et la Namibie (10 t) n'ont pas encore eu lieu car on attend que les données de base sur les populations et le braconnage aient été réunies.

La Namibie soumet une proposition de quota d'exportation annuel de deux tonnes d'ivoire. L'Afrique du Sud et la Namibie proposent que le commerce du cuir d'éléphant soit autorisé en plus du commerce de l'ivoire.

Le Japon recommande que trois populations du petit rorqual soient transférées de l'Annexe I à l'Annexe II. La CITES interdit actuellement tout commerce international de produits baleiniers. L'Australie et Madagascar proposent d'inscrire le grand requin blanc à l'Annexe II. Il y a deux ans encore, jusqu'à l'inscription du requin-baleine et du requin pèlerin, aucun requin n'était inscrit à l'Annexe II.

Les tortues marines, d'eau douce et terrestres sont diversement menacées partout dans le monde et bon nombre d'entre elles sont déjà inscrites aux annexes CITES. L'inscription à l'Annexe II de six autres espèces de tortues d'eau douce est maintenant proposée, de même que l'inscription à l'Annexe I d'une tortue terrestre malgache.
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Parmi les animaux marins qui seront examinés à Bangkok, il y a un poisson précieux des récifs coralliens de l'Indo-Pacifique, un dauphin de l'Asie du sud-est et une moule de Méditerranée. Parmi les oiseaux, on peut citer un cacatoès, un perroquet, un inséparable, etc..

L'une des propositions recommande le transfert du lion de l'Annexe II à l'Annexe I. D'autres demandent l'allègement des restrictions au commerce de l'aigle chauve et du rhinocéros blanc du sud, et l'introduction d'un système de permis. Les USA proposent de supprimer le lynx de l'Annexe II.

Trois propositions concernent des crocodiles. Cuba propose le transfert du crocodile de Cuba de l'Annexe I à l'Annexe II. La Namibie voudrait faire de même pour sa population de crocodiles du Nil. La Zambie, dont la population de crocodiles du Nil est déjà inscrite à l'Annexe II, demande maintenant un quota d'exportation annuel maximal de 548 spécimens sauvages.

Madagascar propose d'inscrire à l'Annexe II des geckos et le serpent coloré – le plus spectaculaire du pays. Le Kenya propose la même chose pour deux espèces de vipères.

Les propositions relatives aux plantes requièrent l'obligation de présenter un permis au titre de l'Annexe II pour des essences asiatiques intéressantes pour le commerce – le bois d'agar et le ramin – ainsi que pour des arbres du genre Taxus. Une orchidée de Colombie et un cactus d'Afrique australe seront également à l'ordre du jour.

Le Secrétariat CITES va maintenant examiner et analyser toutes les propositions qu'il a reçues. Il publiera début juin son évaluation scientifique et technique préliminaires de ces propositions ainsi que ses premières recommandations.

Des milliers d'espèces sont en danger dans le monde par suite d'activités humaines telles que la destruction des habitats, le braconnage, le prélèvement excessif et la pollution. La CITES a été adoptée en 1973 pour traiter la menace que représente l'une de ces activités: le commerce international non durable. A ce jour, 166 pays sont devenus Parties au traité, ce qui en fait l'un des plus importants qui soient sur la conservation des espèces et une utilisation non préjudiciable à leur survie.

Même si on laisse de côté la pêche commerciale et l'industrie du bois, le commerce international des espèces sauvages brasse des milliards de dollars par an et porte chaque année sur plus de 350 millions de spécimens végétaux et animaux. Le commerce international non réglementé, surtout s'il est combiné à la disparition des habitats et à d'autres pressions, peut entraîner la disparition d'espèces menacées.

La CITES accorde à quelque 30.000 espèces animales et végétales une protection qui varie selon leur situation biologique et les effets que peut avoir sur elles le commerce international. Moins de 600 espèces animales et un peu plus de 300 espèces végétales sont inscrites à l'Annexe I, alors que l'Annexe II couvre plus de 4100 espèces animales et 28.000 espèces végétales – sept fois plus d'espèces animales et 90 fois plus d'espèces végétales. L'Annexe III, qui couvre des espèces protégées sur le territoire d'une Partie, compte plus de 290 espèces.


Note aux journalistes: Les propositions ont été placées ici. Pour plus d’informations, veuillez contacter Juan Carlos Vasquez à +41-22-917-8156 ou à juan.vasquez@unep.ch ou encore Michael Williams à +41-79-409-1528 (téléphone cellulaire), +41-22-917-8242 (au bureau), ou michael.williams@unep.ch.