Nouvelles règles proposées pour le commerce CITES de plantes et d'animaux sauvages


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COMMUNIQUE DE PRESSE

Nouvelles règles proposées pour le commerce CITES de
plantes et d'animaux sauvages


Légines, acajou, baleines, éléphants, vigogne et tortues en cause
 

Genève, le 14 juin 2002 - Le Secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) a annoncé aujourd'hui qu'il a reçu de différents gouvernements 54 propositions visant à amender les listes d'espèces soumises à contrôle ou à interdiction de commerce.

"Parmi les questions importantes posées par les propositions de cette année, il y a le rôle que devrait jouer la CITES concernant les poissons et les essences ayant un intérêt commercial, et le type de mesures qui inciteront les communautés locales à continuer de protéger les espèces sauvages qui les entourent" - a déclaré le Secrétaire général de la Convention, Willem Wijnstekers.

"L'action conduite par la CITES pour réduire les menaces s'exerçant sur des espèces sauvages particulières est vitale pour atteindre le but plus large d'arriver à ce que la conservation de l'environnement et le recul de la pauvreté s'épaulent mutuellement" - a déclaré Klaus Töpfer, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement, institution spécialisée qui administre le Secrétariat CITES.

Les listes CITES, ou annexes, sont révisées tous les deux ans et demi. L'Annexe I interdit le commerce de quelque 900 espèces menacées d'extinction; l'Annexe II réglemente celui de 4000 espèces animales et de 22.000 espèces végétales par un système de permis. Le délai de soumission des nouvelles propositions était fixé au 6 juin. Le Secrétariat fera connaître ses commentaires sur ces propositions en juillet. Les 158 Parties à la Convention se réuniront à Santiago, Chili, du 3 au 15 novembre, pour décider d'accepter, de rejeter ou de modifier ces propositions.

Le débat sur les propositions d'inscription à l'Annexe II de deux espèces de legines sera particulièrement intéressant. Ces propositions posent la question du rôle de la CITES concernant les stocks de poissons de grande valeur financière qui font l'objet d'un commerce intensif, et de ses relations avec les accords de pêche régionaux, l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture et autres régimes internationaux. Parmi les espèces dont l'inscription à l'Annexe II est proposée, il y a l'acajou, les hippocampes et 26 espèces de tortues d'eau douce.

La question de l'éléphant d'Afrique sera l'un des temps forts de la conférence de Santiago. Après huit ans d'interdiction de vente de l'ivoire, trois pays africains - le Botswana, la Namibie et le Zimbabwe - ont été autorisés en 1997 à procéder à des ventes en une fois de leurs stocks d'ivoire licite. Ils ont proposé des quotas annuels en 2000 mais les ont retirés. Le débat sur les éléphants a pesé les avantages que les communautés locales et les programmes de conservation pourraient tirer des recettes des ventes d'ivoire, par rapport à l'inquiétude suscitée par une éventuelle intensification du braconnage due à ces ventes.

Cette année, ces trois pays et l'Afrique du Sud proposent une vente en une fois de leurs stocks d'ivoire actuel, suivie, plus tard, par des quotas annuels. Les propositions concernent une première vente de 20.000 kg et un quota annuel de 4000 kg pour le Botswana, 10.000 kg et 2000 kg respectivement pour la Namibie, 30.000 et 2000 pour l'Afrique du Sud et 10.000 et 5000 pour le Zimbabwe. La Zambie propose elle aussi une vente en une fois, de 17.000 kg. L'Inde et le Kenya, en revanche, proposent que toutes les populations de l'éléphant d'Afrique retournent à l'Annexe I.

Un certain nombre d'autres propositions portent sur le transfert d'espèces de l'Annexe I à l'Annexe II pour permettre le commerce. Cuba souhaite vendre 7800 kg de carapaces de tortues imbriquées de son stock légal actuel. Le Japon demande le transfert de la plupart des populations de petits rorquals de l'hémisphère nord et d'une population du Pacifique de rorquals de Bryde; sa proposition met en avant le recours à la législation nationale et à l'identification individuelle des baleines par l'ADN pour surveiller les prises et le commerce. L'Argentine, la Bolivie et le Chili veulent élargir à d'autres populations de vigognes leur possibilité de tondre les vigognes vivantes pour en vendre la laine fine et soyeuse.

Note aux journalistes: Pour plus d'informations, contactez Michael Williams. Tél.: +41-22-917-8242 /8196 /8244; courriel: michael.williams@unep.ch. Les propositions sont placées sur le site Internet du Secrétariat CITES: www.cites.org.