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COMMUNIQUE DE PRESSE
Suspension de la récolte
du caviar dans l'espoir
d'un rétablissement des stocks d'esturgeons
Paris, le 21 juin 2001: Les pays clefs producteurs de caviar se
sont mis d'accord sur un plan d'action de 12 mois qui inclut un
arrêt de la pêche de l'esturgeon dans la mer Caspienne
jusqu'à la fin de l'année.
Selon cet accord, l'Azerbaïdjan, la Fédération
de Russie et le Kazakhstan ont jusqu'au 20 juillet pour fournir
à la Convention sur le commerce international des espèces
de faune et de flore sauvages en danger d'extinction (CITES) un
inventaire détaillé des stocks de caviar provenant
de la récolte du printemps 2001. Seuls ces stocks pourront
être exportés.
Kenneth Stansell, président du Comité permanent de
la CITES, a déclaré qu'il s'agissait là "
d'une excellente décision qui servira au mieux la conservation
de l'esturgeon et la mise en uvre de la Convention ".
Willem Wijnstekers, secrétaire général de
la CITES, a ajouté que " la communauté internationale
travaille au travers de la CITES pour aider les Etats de la mer
Caspienne à mettre en place un système de gestion
basé sur des critères scientifiques pour la conservation
au long terme et l'utilisation durable de l'esturgeon. Il est essentiel
que les effectifs de cette espèce de très grande valeur
puisse récupérer ".
D'après cet accord, les Etats de la mer Caspienne ont jusqu'à
la fin de 2001 pour effectuer une étude complète des
stocks d'esturgeons ; doivent demander à Interpol de faire
une analyse du commerce illicite de l'esturgeon ; doivent demander
au Secrétariat de la CITES (en collaboration avec Interpol
et l'Organisation Mondiale du Commerce) d'effectuer une étude
des besoins pour combattre les prises et le commerce illégaux
; et doivent autoriser et faciliter l'inspection sur place par la
CITES de leurs activités de gestion de l'esturgeon.
Ils doivent également se mettre d'accord d'ici à
cette date sur la gestion coordonnée des ressources en esturgeon
de la mer Caspienne, ce qui comprend l'élaboration en commun
de quotas de pêche et d'exportation pour 2002. Ces quotas
seront déterminés avant la fin de l'année.
Au cas où cet accord ne serait pas respecté, les quotas
pour l'année 2002 seront fixés à zéro.
Le Turkménistan, qui n'a pas envoyé de délégation
à la session, devra confirmer par écrit qu'il adhère
à cet accord sous peine de voir ses exportations complètement
suspendues.
Les Etats de la mer Caspienne avaient précédemment
requis pour l'année 2001 des quotas d'exportations de 790
kg pour l'Azerbaïdjan, 32 210 kg pour le Kazakhstan (dont 1
410 pour l'Azerbaïdjan et 3 890 pour le Turkménistan),
et 62 040 kg pour la Russie (dont 2 300 pour l'Azerbaïdjan
et 1700 pour le Turkménistan). Ils pourront désormais
exporter leurs stocks jusqu'à cette limite. Le Secrétariat
de la CITES devra vérifier que de nouveaux stocks ne sont
pas commercialisés.
Le cinquième Etat de la mer Caspienne, l'Iran, a déjà
mis en place un système de gestion efficace de l'esturgeon
et a établi un quota de 82 810 kg pour cette année.
Bien que ce pays ne soit pas concerné par les nouveaux contrôles
de la CITES, il a tout intérêt à voir s'améliorer
la gestion régionale des exploitations de pêche de
la mer Caspienne.
Outre ce qui est exigé pour l'année 2001, les quatre
ex-républiques soviétiques ont jusqu'au 20 juin 2002
pour établir un programme de surveillance de l'esturgeon
sur le long terme basé sur une technologie et des techniques
de pointe ; pour demander conseil auprès de l'Organisation
des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) sur
la gestion des exploitations de pêche régionales ;
pour adopter un système de gestion commun entre les exploitations
de pêche de la mer Caspienne ; pour accroître de manière
sensible leurs efforts pour combattre les prises et le commerce
illégaux et réguler le commerce légal ; pour
soumettre des propositions de financement au Fonds de l'Environnement
Mondial et à d'autres donateurs pour la récupération
des stocks d'esturgeons ; et enfin pour mettre en place un système
d'étiquetage du caviar.
Jusqu'en 1991, deux pays - l'URSS et l'Iran - contrôlaient
virtuellement tout le marché du caviar et réalisaient
de lourds investissement pour surveiller et maintenir les stocks
de poissons. Cela permettait d'identifier facilement la provenance
de n'importe quel envoi de caviar. La disparition de l'URSS a sonné
le glas de ce système et un grand nombre d'entrepreneurs
traitant cet "or noir" se sont substitués aux entreprises
d'Etat.
Il fut un temps où la Caspienne représentait 95%
du caviar mondial. Aujourd'hui, ce pourcentage est plus proche de
90%. Les prises officielles ont diminué, passant d'un pic
d'environ 30 000 tonnes à la fin des années 1970 à
moins d'un dixième de ce chiffre à la fin des années
1990. La réduction du débit fluvial, la destruction
des sites de reproduction, la corruption, le braconnage, le crime
organisé et le commerce illicite ont contribué à
ce déclin.
Il en est notamment résulté que les prises illicites
dans les quatre anciennes républiques soviétiques
sont désormais 10 ou 12 fois supérieures aux prises
licites. Le commerce licite du caviar représente environ
100 millions de dollars par an. Comme le prix du caviar illicite
varie considérablement d'un pays à l'autre, il est
difficile d'estimer la valeur du commerce illicite mais à
l'évidence, il s'agit de sommes considérables.
Note aux journalistes : pour de plus amples informations, veuillez
contacter Michael Williams au +41-79-409-409-1528 (portable), +41-22-917-8242
(bureau), ou à michael.williams@unep.ch. Voir également
www.cites.org.
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