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COMMUNIQUE DE PRESSE
Restriction probable du commerce
du caviar de la Caspienne
Paris, 18 juin 2001 - Plus d'une centaine de représentants
des pays membres de la Convention sur le commerce international
des espèces de faune et de flore sauvages menacées
d'extinction (CITES) se réunissent du 19 au 22 juin pour
prendre des décisions sur une série de questions,
notamment sur le déclin rapide des populations d'esturgeons
de la Mer Caspienne.
La session du Comité permanent de la CITES va étudier
une probable restriction du commerce international du caviar d'Azerbaïdjan,
du Kazakhstan, de la Russie et du Turkménistan. Un comité
scientifique de la CITES a recommandé une réduction
drastique de ce commerce car les stocks d'esturgeons sont décimés
par la pêche illicite. L'Iran, cinquième Etat riverain
de la Caspienne, n'a pas à craindre de restrictions car son
dispositif de gestion des esturgeons fonctionne.
"L'esturgeon, qui produit le caviar, est sans doute aujourd'hui
la ressource naturelle la plus coûteuse qui soit" déclare
Ken Stansell, Président du Comité permanent. "Notre
devoir à l'égard des habitants de la région
de la Caspienne est d'aider leurs gouvernements à gérer
scientifiquement les stocks d'esturgeons et à les protéger
des trafiquants."
Les cinq pays de la Caspienne envisagent de faire une déclaration
commune au Comité demandant la mise en place d'une coopération
régionale pour l'esturgeon comportant la négociation
d'un accord régional sur la conservation et l'exploitation
durable des ressources halieutiques de la mer Caspienne d'ici à
la fin de l'année, de faire une étude exhaustive des
ressources halieutiques et des populations, de demander à
Interpol d'analyser le commerce illicite de l'esturgeon, de renforcer
la coopération en matière de pêche et de vente
illicites, et d'inviter la CITES à mener des inspections
sur place. Ces pays se sont réunis la semaine dernière
à l'initiative du Programme des Nations Unies pour l'environnement
et de ses partenaires.
Jusqu'en 1991, deux pays - l'URSS et l'Iran - contrôlaient
virtuellement tout le marché du caviar et réalisaient
de lourds investissement pour surveiller et maintenir les stocks
de poissons. Cela permettait d'identifier facilement la provenance
de n'importe quel envoi de caviar. La disparition de l'URSS a sonné
le glas de ce système et un grand nombre d'entrepreneurs
traitant cet "or noir" se sont substitués aux entreprises
d'Etat.
Il fut un temps où la Caspienne représentait 95% du
caviar mondial. Aujourd'hui, ce pourcentage est plus proche de 90%.
Les prises officielles ont diminué, passant d'un pic d'environ
30 000 tonnes à la fin des années 1970 à moins
d'un dixième de ce chiffre à la fin des années
1990. La réduction du débit fluvial, la destruction
des sites de reproduction, la corruption, le braconnage, le crime
organisé et le commerce illicite ont contribué à
ce déclin.
Il en est notamment résulté que les prises illicites
dans les quatre anciennes républiques soviétiques
sont désormais 10 ou 12 fois supérieures aux prises
licites. Le commerce licite du caviar représente environ
100 millions de dollars par an. Comme le prix du caviar illicite
varie considérablement d'un pays à l'autre, il est
difficile d'estimer la valeur du commerce illicite mais à
l'évidence, il s'agit de sommes considérables.
Reconnaissant la nécessité de prendre des mesures,
la session de 1997 de la Conférence des Parties à
la CITES a inscrit toutes les espèces d'esturgeons à
l'Annexe II de la CITES, avec effet le 1er avril 1998. Cette inscription
signifie que toutes les exportations de caviar et d'autres produits
tirés de l'esturgeon doivent désormais être
strictement conformes aux dispositions de la CITES, y compris aux
obligations en matière de permis et de certificats. Pour
obtenir les permis nécessaires à l'exportation, il
faut établir que ce commerce n'est pas préjudiciable
à la survie à long terme de l'espèce.
En avril 2000, la CdP a renforcé les contrôles sur
l'esturgeon en adoptant un système d'étiquetage universel
pour les exportations de caviar. Elle a en outre exigé que
tous les Etats de l'aire de répartition coordonnent leurs
quotas de pêche et d'exportation pour 2001.
L'esturgeon a été inclus dans le processus permanent
mené par la CITES d'étude du commerce important. En
décembre, un comité scientifique de la CITES en a
examiné les conclusions. Ses recommandations, communiquées
aux Etats de l'aire de répartition en février 2001,
ont invité l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan, la Russie et
le Turkménistan à réduire de manière
substantielle les quotas de pêche d'esturgeons et d'exportation
de caviar auxquels ils prétendaient pour 2001. Les quotas
d'exportation de caviar sont actuellement de 790 kg pour l'Azerbaïdjan,
32 210 kg pour le Kazakhstan (dont 1410 pour l'Azerbaïdjan
et 3890 pour le Turkménistan), et 62 040 kg pour la Russie
(dont 2300 pour l'Azerbaïdjan et 1700 pour le Turkménistan).
Le quota de caviar de l'Iran est fixé à 82 810 kg.
Le comité scientifique à appelé les gouvernements
à mettre en place un certain nombre de réformes, à
réaliser des études scientifiques sur le niveau des
populations d'esturgeons (avec l'appui de la FAO) pour garantir
que les quotas de pêche et d'exportation sont fondés
sur une base scientifique, à renforcer les contrôles
sur le commerce intérieur de l'esturgeon, et à améliorer
leur application et les systèmes de licence, d'identification,
d'étiquetage, d'élevage des alevins et de contrôle
de la production.
Le Comité permanent de la CITES (lequel fait office d'autorité
intérimaire entre les sessions de la CdP) doit prendre maintenant
des décisions sur la base de ces recommandations.
A
l'attention des journalistes: le Président du Comité
permanent, Kenneth Stansell, et le Secrétaire général
de la CITES, Willem Wijnstekers, feront à la presse le compte-rendu
des conclusions de cette session en anglais et en français,
jeudi 21 juin à 12 h 15 au Centre de conférences internationales
du Ministère des Affaires étrangères, 19, avenue
Kléber, à Paris (entrée : 5, rue des Portugais,
près de l'Arc de Triomphe).
Pour
vérifier que l'horaire du compte rendu n'a pas été
modifié à la dernière minute si les décisions
se faisaient attendre, ou pour plus d'informations, veuillez contacter
Michael Williams au +41-22-9178242/244/196, +41-79-4091528 (portable)
ou michael.williams@unep.ch.
Les documents officiels sont placés sur le site www.cites.org.
Voir en particulier Comité permanent 45 document 12 et notification
2001/005 Annexe 1. Pour les antécédents, consulter
www.traffic.org.
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